Rose Valland

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Héroïne de guerre…
Pendant l’occupation, Rose Valland est conservatrice du musée du Jeu de Paume.  En France, les allemands commencèrent le pillage des œuvres d’art dans les musées et les collections privées, principalement celles appartenant aux juifs déportés ou en fuite. Ils utilisèrent le musée du Jeu de Paume comme dépôt central avant d’orienter les œuvres vers différents lieux et hautes personnalités allemandes.
Pendant ce monumental pillage nazi, Rose Valland commença secrètement à enregistrer la plupart des œuvres qui transitaient par le musée du jeu de Paume.
Pendant quatre ans, elle nota dans de grands carnets la trace de ces mouvements : d’où venaient les œuvres, où elles allaient, à qui elles appartenaient, pour quel dignitaire nazi elles étaient destinées, etc. Elle remplit des centaines de fiches avec précision, prit des photos des œuvres, déchiffra les papiers carbone allemands dans les poubelles du musée, écouta des conversations des officiels nazis. Elle risqua sa vie en fournissant des informations à la Résistance sur les trains qui transportaient les œuvres afin qu’elle ne fasse pas sauter ces convois contenant d’innombrables chefs d’œuvres.
Le musée du jeu de Paume fut visité par des hauts dignitaires nazis et Rose Valland était présente le 3 mai 1941, quand Hermann Göring  vint sélectionner personnellement certains des tableaux volés pour alimenter sa propre collection. Dès l’automne 1944, elle informe les Américains sur les sites supposés de stockage des œuvres volées en Allemagne pour éviter leur bombardement et faciliter leur récupération.

A la libération, Rose Valland travailla en tant que membre de la Commission de récupération artistique. En 1947, elle est nommée au poste central de la récupération artistique en Allemagne et se rend alors dans toutes les zones d’occupation, y compris la zone soviétique. Elle témoigna au procès des dirigeants nazis à Nuremberg, participa à la récupération des œuvres volées et aida à la reconstruction des musées allemands.
Rose Valland et son équipe auront retrouvé  60000 des œuvres pillées, dont 45000 seront restituées à leurs propriétaires.

A son retour en France en 1953, elle devient chef du service de protection des œuvres d’art puis est nommée en 1955 conservatrice des Musées nationaux. En 1961, elle publia ses expériences sous l’Occupation dans un livre Le Front de l’art (réédité en 1997). Le film Le train de John Frankenheimer (1964) est basé sur ce
livre (le personnage inspiré de Rose Valland est interprété par Suzanne Flon).
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Rose Valland a pris sa retraite en 1968, mais a continué à travailler sur la restitution des œuvres pour les Archives françaises. Elle reçut pour son travail de nombreuses décorations françaises et étrangères : Légion d’Honneur, Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, Médaille de la résistance. Les Etats-Unis lui remirent la Médaille présidentielle de la Liberté et en 1951, elle est officier de la Bundesverdienstkeuz, l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’allemagne.

Rose Valland meurt en 1980 à l’âge de 82 ans dans une relative solitude à Ris-Orangis. Elle est enterrée dans son village natal de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs où un collège porte son nom.
Qui connait Rose Valland aujourd’hui, qui fut si importante pour l’histoire de l’Art ? Sans elle, on ne connaitrait sans doute pas une partie des grandes œuvres exposées aujourd’hui dans nos musées…
Le 25 avril 2005, le ministre français de la culture Renaud Donnedieu de Vabres dévoile une plaque commémorative à son nom sur la façade du Jeu de paume.
Pour lire son discours : ICI

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Une exposition sur Rose Valland a lieu actuellement et jusqu’au 2 mai 2010 au Centre d’histoire de la résistance et la déportation de Lyon.
Toute sa vie à lire sur les murs du musée, quelques photos et documents lui ayant appartenu, quelques vidéos sur le pillages des œuvres…
Renseignements : ICI

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Frida Kahlo, Y Su Mundo

Exposition Frida Khalo !
19 toiles, une eau-forte, six dessins et de nombreuses photographies, ainsi qu’une sélection de fac-similés non publiés de lettres de l’artiste. Voici la plus grande collection privée d’œuvres de Frida Kahlo, issue du Museo Dolores Olmedo de Mexico, présentée pour la première fois en Belgique.
Une visite ne s’impose-t-elle pas pour les amoureux de l’artiste ?

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Frida Kahlo, Y Su Mundo, exposition du 16 janvier au 18 avril 2010
Palais des Beaux-Arts, entrée Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles
Du mardi au dimanche de 10:00 à 18:00
Tarifs d’entrée : Plein tarif : 8 € /Etudiants : 5 €/ Jusqu’à 26 ans : 1 €

Du 16 janvier au 25 avril 2010, Bruxelles met à l’honneur la culture artistique du Mexique à l’occasion du bicentenaire de son indépendance et du centenaire de sa révolution,  avec 3 autres grandes expositions :

« Imágenes del Mexicano » :
L’exposition phare du festival avec 150 portraits de mexicains immortalisés par les photographies, toiles et dessins des plus grands artistes mexicains tels que Diego Rivera, David Alfaro Siqueiros et Frida Kahlo.
« Mexican Modernisms » :
L’architecture moderniste mexicaine comme on ne la soupçonnait pas, reconstituée à partir d’agrandissements photographiques et complétée par des documents d’époque et des films.
« Mundos Mexicanos » :
Le travail de 25 photographes contemporains dévoilant leur propre vision du Mexique aujourd’hui.

Fin de « Vagabondage »

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Voilà mon exposition terminée…
Démontage des pièces restantes, mises en vrac dans la galerie et je retrouve enfin ma maison, transformée en salle d’exposition depuis 1 mois.
De belles rencontres pendant cette période, des regards attentifs et attentionnés, des échanges sur l’art, la littérature, le théâtre…
Des cadeaux aussi ! On m’a apporté des fleurs tout au long de l’exposition, un gâteau de nougat délicieux et de la vanille venue directement de la Réunion, de la pâte de coing et j’ai reçu de beaux courriers… Le genre humain compte, et c’est rassurant, de belles âmes. Je suis heureux d’en connaitre quelques unes. Vraiment.
Il y eut aussi des êtres encombrants et désespérant. Comme ces 4 personnes, entrant cigarette en main dans la galerie, faisant le tour de l’exposition en cherchant des ressemblances avec des peintres célèbres, posant des questions ridicules (« ça c’est des copies de Klimt ? » « Non ce ne sont pas des copies, mais travaillé à la manière de… », »Ha bon, mais vous ne vous rendez pas compte que ça ressemble à Klimt ?) ,  me demande de se laver les mains et une fois partis (enfin !) reviennent 15 minutes plus tard pour utiliser mes toilettes ! Il y a eu ceux qui ne rentraient que pour voir la maison, la vue d’ici, les travaux d’en face… Ceux qui commentaient les objets personnels et non les pièces exposées etc…
Non, je ne me rappellerai seulement des bons moments et des belles personnes, des gens « vrais », comme on aimerait en voir plus souvent.
Certaines de mes œuvres sont désormais sur des murs inconnus, vivant leurs vies sous le regard de leurs nouveaux propriétaires. De nouveaux murs, d’autres yeux qui regardent… Bonheur de savoir que ces pièces ont trouvé les personnes qu’elles attendaient. Ce n’est pas le hasard , mais une sorte d’évidence, car choisies avec le cœur, en fonction d’un ressenti et d’un chemin de vie.
J’aime à penser que mes tableaux donnent de la lumière et de la couleur dans les lieux qu’ils habitent.
Bientôt d’autres tableaux, d’autres histoires, d’autres échanges, d’autres bonheurs…

Pierre et Gilles, Wonderful town

« Wonderful town, chacun l’imagine comme il veut… C’est un peu comme dans un film : un monde imaginaire où plein de choses se passent, joyeuses ou tristes, où les fantasmes s’expriment… » Pierre et Gilles.

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Le travail de Pierre et Gilles change, et évolue. C’était flagrant de voir cette évolution en visitant la rétrospective de leurs œuvres au Jeu de Paume il y a 2 ans.
Cette fois, il y a des ombres au tableau. Le clown polichinelle ne rit plus, mais la ville et le monde moderne ont eu raison de lui et de son innocence, Amélie n’écrit plus mais s’enfonce dans les eaux froides d’un cimetière marin, implorante, une larme à l’œil et les doigts ensanglantés, et la diva Armande s’entoure de gris ou pas un rayon de soleil ne perce l’horizon à jamais disparu.
On retrouvera aussi une Sylvie Vartan en larmes, un Mathieu Chédid trônant au milieu de  jouets cassés…
Mais pourquoi un tel titre au juste ? « Wonderful town ».

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Heureusement, le marin est toujours là pour éclaircir ce monde gris, à l’image du notre qui chavire un peu plus chaque jour. Est-ce la mer qui l’a rejeté là ? Est-ce la ville qui prend le pas sur la mer ? Les fesses à l’air et entouré de couleurs, il ne semble pas entendre le chant des sirènes, ni celui de la ville menaçante et reste là, le regard rempli d’un désir inassouvi. Regard qui n’est pas pour nous, mais pour un être aimé, ou un monde meilleur…

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A ne pas manquer pour les amoureux de Pierre et Gilles :
Exposition « Wonderful town ». Jusqu’au 23 janvier 2010.
Galerie Jérôme de Noirmont, 38 avenue Matignon, Paris 8e.
Lundi au samedi, 11 h-19 h. (01.42.89.89.00)

Marie Morel

Je reçois ce matin un catalogue de l’exposition de Marie Morel à la Halle Saint-Pierre (en cours et jusqu’en Mars 2010) dédicacé par l’artiste. Je suis un grand admirateur de son travail et cette exposition à Paris est pleine de poésie, de couleurs, d’émotion et d’amour…
J’aime son regard sur les choses, son écriture, ses mots simples et doux même quand la vie est dure. J’aime ses livres, sa revue « regard » et ses cartes postales. J’aime ses courriers avec des mots écrits à la craie ou au crayon, ses petits papiers découpés et les surprises qu’ils contiennent, pour dire le bonheur, l’amour, le simple, le beau, l’amitié…
Marie, c’est un sourire.

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Exposition « Vagabondage » suite…

Dernières photos de l’exposition qui a fermé ses portes hier soir, officiellement.
Mais elle sera prolongée le week end prochain, samedi 12, dimanche 13 et le dimanche 20. Pour ceux qui voulaient venir et qui n’ont pas eu le temps, pour ceux qui veulent amener des amis ou de la famille, ou pour ceux qui veulent revenir tout simplement…

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Exposition « Vagabondage »

Jusqu’à la fin de l’exposition (6 décembre) je posterai quelques vues, permettant de voir ou revoir les pièces exposées.

Merci à vous qui êtes venus si nombreux à mon vernissage, tout au long de cet après-midi de soleil, et dans le week-end qui a suivi.
Merci pour votre présence, pour les rencontres, pour les mots échangés, et pour le partage…

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Vernissage

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Vendredi 20 novembre. Le grand jour est là.
Voilà plus d’un an que je travaille sur cette exposition, et cette date de vernissage me paraissait bien lointaine…
Cet après-midi tout sera en place pour accueillir les visiteurs. Sur les murs, mes peintures et mes inspirations, un peu de moi, des morceaux de vies, la mienne mais aussi celle des autres, que j’expose aux yeux de tous.
Voir les réactions, les regards posés sur les détails minutieux de mes peintures, écouter les avis, positifs ou négatifs, répondre aux interrogations, expliquer, parfois même devoir se défendre. Visiteurs pressés qui feront un tour rapide et ceux qui prendront leur temps, avec une attention délicate.
Des mois passés avec ces pièces, avec lesquelles j’ai vécu. Les montrer et m’en défaire, pour certaines… Lesquelles ?
Non, pas de tristesse, car après celles-ci il y en aura d’autres, et d’autres encore…
En regardant ce matin l’exposition installée, je me demandais si j’avais été un jour aussi loin dans mes envies. Je crois bien que non. Bien sûr, certains seront déroutés, car il n’y a pas que de la « vraie » peinture ici, mais qu’importe, si l’exposition se nomme « Vagabondage », ce n’est pas pour rien ! La peinture représente tout de même une bonne partie de l’exposition, mais il y a ces petites choses que j’avais très envie de fabriquer, qui trottaient dans ma tête depuis si longtemps. Elles prenaient trop de place !
Il y a quelques jours il y avait encore les feuilles rougissantes de la vigne-vierge sur la maison, mais aujourd’hui les murs sont presque nus. C’est la marque du temps qui passe, inexorablement… Tellement vite. Le temps… Qu’est-ce qu’on peut en manquer lorsqu’on a mille choses à faire !
Si tout est terminé ? Mais non, comme à chaque fois il me reste toujours plein de choses à faire, qui seront finies 5 minutes avant l’heure du vernissage. Mais je sais que je serai prêt. Comme à chaque fois !
Encore 3 tableaux à terminer, des encadrements à faire, la présentation de mes livres, les étiquettes des prix à coller, la maison à préparer, le garage à vider puisque le vernissage sera ici, installer les tables, aller chercher le vin (beaujolais nouveau !) etc, etc, etc…
…et ne pas oublier de respirer !

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Déménagement du jour

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Alors que les brumes ensoleillées noyaient totalement le bas du village devenu invisible, je m’attardais à déménager ma cuisine. Faire des cartons, comme pour un vrai déménagement. Comme ma galerie n’est pas très grande et que j’ai un bon nombre de pièces à présenter, j’investis une partie de la maison. L’entrée et la cuisine que je « déshabille » totalement. Ne restera que les meubles ! Dépersonnaliser la maison…
Ce week end, je commence à installer l’exposition, mais il me reste encore 3 tableaux de grande taille à terminer. Plus qu’une semaine, ce sera vraiment juste.
Ensuite il faudra trouver les titres des œuvres, un exercice délicat. Ne pas nommer ce qui est évident, ne pas être trop précis afin de laisser le spectateur dans sa propre histoire, et laisser la place aux rêves pour les autres…
Plus de temps à perdre et le temps file tellement vite lorsqu’on a mille choses à faire ! Ce sera la course, je finirai dans l’urgence les derniers détails le jour du vernissage, mais je serai prêt ! Comme à chaque fois.

Voilà un petit aperçu du déménagement du jour, j’ai décroché mes ancêtres de leur mur juste pour quelques jours, ils ne m’en voudront pas trop.
Avant et après…

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Exposition « Vagabondage »

Ça y est, j’ai décidé d’exposer mon travail !
J’ai fait ce matin le croquis de ce que sera l’affiche et le carton d’invitation.
A noter déjà les dates de l’exposition qui aura lieu dans ma galerie (et une partie de la maison) à Ternand :
du 21 novembre au 6 décembre. Ouverture tous les jours, les après-midis, je ne connais pas encore les horaires…
Infos à suivre…

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Vagabondage Parisien

Je rentre d’un séjour parisien. 5 jours à parcourir la ville, de salles d’expositions en galeries, musées et manifestations extérieures…
Petit (grand!) compte rendu sur les artistes qui m’ont touché.
Pour commencer, Marie Morel que j’adore depuis longtemps, exposée à la Halle Saint-Pierre. Des tableaux immenses, de 2 mètres par 3 mètres, mais travaillés de façon méticuleuse avec un fourmillement de petits détails. Ici, « La Liberté des femmes », une pièce déjà exposée ici, et qui m’avait déjà marqué (photo d’un détail prise par son fils Pierre, photographe reporter)

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Ensuite, pas très loin de là, la galerie « L’Art de Rien » que je retrouve toujours avec plaisir. Cette fois-ci c’était le thème de la poupée, décliné et détourné par les artistes. Beau, laid, surprenant, trash, poupées crucifiées, brûlées, des histoires racontées, vécues, souvenirs de voyage, d’enfance… Mic mac riche et intéressant.
Le soir, c’était Nuit Blanche dans Paris. Derrière l’hôtel, un artiste plasticien avait réalisé et installé un Spiderman étonnant de lumière qui tissait sa toile sur les maisons et les voitures, grandeur nature. Beau.

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Le lendemain, le photographe Jeff Cowen à la galerie Seine 51. Travail étonnant du développement, des matières… Les photos sont parfois déchirées, scotchées, avec des écritures, et punaisées directement sur les murs de la galerie.
La Fondation Cartier-Bresson présente le maître de la photographie documentaire, August Sander. Une étude sur les portraits de la société allemande des années 1920.
J’ai beaucoup aimé cette « jeune fille à la porte d’une roulotte », mais aussi les « jeunes paysans », les petites filles aux poupées, et le peintre Anton Raderscheidt.

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Les chemins de l’art brut à l’Institut national d’histoire de l’art. Depuis 1999, le Musée d’art moderne Lille Métropole possède la plus importante collection française d’art brut issue de la donation L’Aracine. C’est dans ce cadre et dans l’attente de la réouverture du Musée agrandi et reconfiguré que cette exposition est proposée afin d’éclairer l’oeuvre et le parcours d’auteurs d’art brut. Le visuel du musée est ce superbe soleil de mosaïque qui tire sa langue de Josué Virgili.
Dimanche matin. Sur l’Ile Saint-Louis, les photos monumentales de JR qui habillent les quais et le Pont Marie. De tous les côtés des coureurs font leur footing, ça court et ça transpire, les femmes papotent, les hommes sont sérieux et moi au milieu en décalage, qui prend mon temps. Reportage photo, tranquillement et en silence. Un homme en face qui ne court pas, lui non plus.

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Au grand Palais, Renoir. Je n’aime pas (à part quelques tableaux, comme « le déjeuner des canotiers », « les grandes baigneuses » de 1887) mais j’y suis allé, on ne sais jamais, les goûts changent et puis voir de près une œuvre peut faire changer d’avis. Mais là non, définitivement, je n’aime pas Renoir, et ces chairs roses et molles, ces femmes lascives qui ne font rien d’autre que se coiffer, se laver, jouer du piano. Pour lui, c’était cela la vraie peinture. Oter toute histoire d’un tableau et travailler sur le quotidien pour que chacun puisse s’identifier à la scène. Pourquoi pas…
L’exposition se termine sur le pire, pour moi, « Les baigneuses » qui est selon lui est l’aboutissement de son travail. Mais voilà une belle phrase qui peut en faire réfléchir plus d’un(e) : « Je commence à savoir peindre. Il m’a fallu plus de cinquante ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore », déclarait-il en 1913.
Il était mis en parallèle des œuvres de Picasso, Bonnard et Matisse. Je respirais enfin, devant leurs peintures, franches, solides et belles.
Ci-dessous, les fameuses baigneuses, enlisées dans leur décor mou.

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Heureusement pour mes yeux, au Louvre m’attendait « Rivalités à Venise ». Le vieux Titien ne veut pas laisser sa place ? Les jeunes Tintoret et Véronèse la prennent d’assaut ! Il leur faudra beaucoup d’efforts pour obtenir, par divers stratagèmes, commandes et marchés. Bien entendu, chacun des trois maîtres eut amplement la place d’exister seul. L’exposition met parfois en parallèle le travail des 3 artistes autour d’un même thème. Très intéressant de comparer leur travail réciproque avec la notion d’émulation.
Titien, que de merveilles ! Pour Véronèse, j’ai adoré sa « Vénus au miroir » qui devrait m’inspirer prochainement. Quant à Tintoret, je n’ai pas aimé ses couleurs, ni son dessin, avec des scènes lourdes et chargées.
Je suis allé faire un coucou à Mona Lisa en passant, et le spectacle est souvent dans la salle. Les gens qui se poussent pour faire des photos au flash du petit tableau dans sa boîte de verre, éloigné par une longue barrière arrondie ! Mais à quoi cela sert-il de prendre ce tableau en photo, alors qu’il existe des milliers de photos de la star ? Sans doute pour avoir leur photo ? L’utilisation de flash, pourtant interdit, sous les yeux des gardiens nombreux dans la pièce, ne risquent-ils pas de l’endommager un jour ?
Dans cette salle personne ne voit, ne regarde les autres peintures. Une pourtant a attiré mon regrad. « Pomone et Vertumne » de Bordone que voici.
En dessous, un détail tout en délicatesse d’un ange prenant entre ses doigts fins la tige d’une rose et les ailes d’un papillon.

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Légèreté ensuite avec l’exposition sur Bardot, dont j’ai déjà parlé ici. Intéressant de la remettre dans le contexte d’une époque où les stars s’appelaient Michèle Morgan, Edwige Feuillère, Martine Carol, Danièle Darrieux… Pas étonnant que l’arrivée de cette jeune beauté ait été foudroyante ! Plein de choses à voir et découvrir, des extraits de films, interviews, clips de chansons et publicités audiovisuelles, objets divers, de nombreuses photos, et des œuvres d’artistes l’ayant peinte : Arman, Jean Carzou, Aslan, et van Dongen dont voici la peinture.

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Ensuite, petit tour au cimetière le Montparnasse où je ne suis pas allé depuis 20 ans.
Bonjour messieurs Baudelaire, Sartre, Gainsbourg, Demy, César, Brassaï, Man Ray, et Delphine Seyrig, Jean Seberg et bien d’autres… En fait, pour tout dire, je cherchais le chat de Niki de Saint Phalle sur la tombe de Ricardo. Il faisait gris mais les couleurs éclatantes de la mosaïque m’attirèrent jusqu’à lui.

Pour finir l’excellent musée du quai Branly et l’exposition sur Teotihuacan qui venait d’ouvrir le jour même. Plongée dans cette civilisation mystérieuse et ce site immense et extraordinaire que j’ai eu la chance de visiter l’année dernière.

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Pour finir, Photoquai. 50 photographes de 32 pays sélectionnés pour un parcours sur les quais de la Seine longeant le musée du quai Branly. Mettre en valeur et faire connaître des artistes dont l’œuvre reste inédite ou peu connue en Europe, susciter des échanges, des croisements de regards sur le monde. Photos imprimées directement sur de grandes plaques. « Nous avons été séduits par les qualités environnementales de cette technologie, qui utilise des encres écologiques sans solvant. C’est ensuite le rendu d’impression qui nous a vraiment surpris par la qualité de saturation des couleurs. Nous avions choisi une référence de rouge sur nuancier, et Picto a pu restituer cette teinte, que nous n’avions pas réussi à avoir sur d’autres imprimantes. » Céline Martin-Raget, Responsable du pôle image du Musée du quai Branly.
J’ai eu le temps d’aller voir l’exposition de Benjamin Lacombe avant de prendre mon TGV. La galerie était en retard et les pièces n’étaient pas encore encadrées. Ce qui m’a permis de les apprécier et les voir de près, sans la vitre, dans le grand carton aux pochettes plastiques. Les principaux originaux de ses livres, exposés pour la première fois. Beau travail…
Voilà en résumé mon parcours de ces 5 jours bien remplis. Plein les yeux, plein le tête, plein le cœur et beaucoup d’inspiration pour de prochains tableaux. Ma nourriture.