La Bella Principessa

« La Belle Princesse », un nouveau tableau de Léonard de Vinci !
Mis en vente par Christie’s à New York, ce dessin aux 3 craies et encre, «Jeune fille en costume Renaissance» avait été catalogué « Allemand, début du XIXe siècle » lors de sa mise aux enchères. Dimensions, 33 cm x 24 cm.
Le collectionneur Peter Silverman a l’intuition que ce vélin pourrait être un portrait datant de la Renaissance italienne, et éventuellement de la main de Léonard de Vinci. Il l’achète en 2007 pour 21 000 dollars et se rend dans les locaux de Lumière Technology, à Paris. Si l’œuvre est reconnue comme étant de la main de Léonard, elle pourrait valoir 100 millions d’euros.
Selon le professeur d’histoire de l’art à Oxford, Martin Kemp, une empreinte digitale retrouvée en haut à gauche du portrait montre à l’analyse qu’elle est comparable à celle du célèbre peintre. Une empreinte similaire avait été retrouvée sur une autre œuvre de Léonard de Vinci, le «Saint Jérôme», conservée aux Musées du Vatican. L’étude révèle aussi que le tracé courbé du dessin, le long du profil, est probablement l’œuvre d’un gaucher, comme l’était Léonard.
Le carbone 14 situe la feuille aux environs du XVIe siècle.
Alessandro Vezzozi, directeur du Musée Ideale de Vinci, considère lui aussi que le portrait est de Leonard. Il y a 27 arguments qui plaident en faveur de cette thèse. La restauration du dessin, mal faite, avait trompé tout le monde.
Martin Kemp et Pascal Cotte, pensent que la jeune femme peinte sur le tableau pourrait être Bianca Sforza, fille illégitime du duc Ludivico Sforza, mariée en 1496 au commandant des armées du duc. Elle porte un costume et une coiffe à la mode à la cour milanaise des Sforza.
Pour appuyer son hypothèses, Pascal Cotte va mener une enquête dans plusieurs pays européens. Comme il y a trois trous minuscules dans la bordure gauche, le dessin pourrait provenir d’un livre.
Un appel est lancé aux historiens d’art : « Connaissez-vous des livres liés aux Sforza, d’au moins 33 sur 24 cm et datant de la fin du XVe siècle ? ».
David Wright, historien d’art américain, connaît l’existence de 4 livres racontant l’histoire de la vie des Sforza. On les appelle les « Sforziades », ont été imprimés en 1490 et enluminés par un maître de l’époque. Chaque exemplaire a été offert à un moment clé de la vie des grands de la cour milanaise. L’un se trouve à la Bibliothèque nationale de France, un second à la British Library, un troisième au Vatican, et le quatrième à la Bibliothèque nationale de Varsovie. Ce dernier livre a été produit spécialement pour le mariage de Bianca. Pascal Cotte se rend en Pologne et constate que les trous correspondent, la nature des vélins est identique et il manque justement une page à ce codex-là.

Pour les spécialistes, Martin Kemp le premier (qui va réviser son livre-somme sur Léonard de Vinci), l’origine du dessin ne fait désormais plus de doutes :
le Profil de la Belle Princesse est bien le treizième portrait de Léonard de Vinci.

6 réflexions au sujet de « La Bella Principessa »

  1. … mieux qu’une enquête policière…
    quelle modernité pour un portrait qui a plus de 500 ans…. la vie est intemporelle

  2. pour moi cette oeuvre n’est pas de la renaissance ,dans cette oeuvre rien ne « respire » la renaissance, probablement
    fait en Italie ou allemagne au XIX siecle

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