Arthur Rimbaud à Aden

Après de grands débats, voilà la réponse que tout le monde attendait :
sur cette photographie inédite (dimension 9,6 x 13,6 cm) nous avons bien la présence d’Arthur Rimbaud, sur la fin de sa vie.

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La photographie a été récemment découverte par deux libraires parisiens, Alban Caussé et Jacques Desse, au fond d’une caisse contenant un lot de clichés ayant appartenu à Jules Suel, commerçant d’Aden (Yemen) qui finança les ventes d’armes de Rimbaud. Elle a été prise là-bas, sur le perron de l’Hôtel de l’Univers, entre 1880 et 1890.
Pas de noms inscrits au verso du cliché, mais les recoupements méticuleux établis par les deux libraires et le spécialiste de Rimbaud Jean-Jacques Lefrère, ne laissent un doute quant à l’identité du jeune homme assis à droite . L’implantation capillaire, les deux méplats sous la lèvre inférieure, la petite moustache, la forme générale du visage sont comme « l’empreinte digitale » du poète, selon Lefrère.

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Jacques Desse commente :
« Comme dans Coin de table de Fantin-Latour, où il figure à côté de Verlaine, Rimbaud apparait ici parmi des « assis » d’Aden. Contrastant avec les trois autoportraits du solitaire de Harar, qui s’est mis lui-même en scène, debout et dans une attitude digne et fière, les deux portraits d’Aden le montrent en société, mal à l’aise, infiniment plus seul que quand il est solitaire.
Sur l’image du perron de l’Hôtel de l’Univers, il est assis mais semble sur le point de se lever. Tout son être parait protester contre son intégration à ce rituel bourgeois de la séance du portrait de groupe, auquel, pourtant, il n’échappe pas.
Il ne considère que le spectateur, comme en une muette interpellation, qui n’attend pas de réponse. Il nous regarde, il n’a rien à nous dire.
 »

Pour en savoir plus, voici le lien sur « La revue des ressources« , où les deux libraires racontent l’histoire de cette photographie : ICI

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