Le baigneur

bain

Ce matin, dans la boîte aux lettres de Valentin, le facteur glissa une lettre parfumée.  A sa vue, le jeune homme sourit. Il s’empressa de rentrer dans sa cuisine, prit un couteau dans le tiroir gauche de son meuble, tira une chaise pour s’assoir et glissa la lame dans l’enveloppe pour l’ouvrir sans l’endommager. Des confettis multicolores en sortirent, s’envolèrent dans la pièce et le rire de Valentin raisonna jusque dans la vaisselle empilée sur l’étagère. Après la lecture de ce court message, il s’adossa contre sa chaise, la lettre entre les doigts. Son cœur battait fort. Un confetti rouge glissa de sa chevelure jusqu’à sa lèvre inférieure.
Il se leva brusquement et alla se faire un café fort. Très fort.
Ses vêtements glissèrent un à un sur ses chevilles, il prit la lettre et la tasse à café, et c’est nu qu’il traversa la maison pour rejoindre la salle de bain à l’étage supérieur, le corps droit pour ne pas renverser le liquide odorant. Le plancher craqua sous ses pieds nus.
Il se fit couler un bain, relut la courte lettre et resta assis sur le bord de la baignoire, en attendant que l’eau la remplisse, l’air un peu rêveur…
Valentin remit le courrier dans son enveloppe qu’il cala sous le canard jaune de son enfance et posa son café à côté.
Quelques instants plus tard, son corps tenta de plonger dans l’eau bouillante. Un peu trop chaude, mais qu’importe. Résister. Il se tenait en équilibre sur les bords de la baignoire pour ne pas s’immerger trop vite. Habituer le corps à cette chaleur inhabituelle. Peu à peu, il entra les jambes, les cuisses, les fesses, et enfin le corps tout entier… Et si le sang bouillait ? Valentin rougit.
Mais la chaleur l’anesthésia, et ses pensées s’envolèrent peu à peu. Il rêvait, les yeux fixés sur ses pieds. Sa lettre, cette nouvelle, ce nouveau bonheur à venir…
Il oublia son café.

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