Lecture

 » Il y a toujours une chose qu’on ne jette dans aucun cas.
Ce n’est pas nécessairement une chose. Ce peut-être une lumière, une attente, un seul nom. Ce peut être une tache sur un mur, un arbre à la fenêtre ou même une heure particulière du jour.
C’est une chose dont on s’éprend sans raison, sans besoin. C’est une fidélité silencieuse à ce qui passe et demeure. C’est un amour taciturne, immobile : il se dépose au fond de l’âme comme au fond d’un creuset. Il y laisse un rien de lumière, une poussière de ciel bleu. Cela peut arriver avec un livre, avec une tasse dépareillée ou une musique. Cela peut arriver avec n’importe quel fragment du monde – ou de l’âme.  »

Christian Bobin. La part manquante

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