Notre-Dame, notre drame

Il y a quelques jours, je suis passé à côté de cette merveille en la suivant des yeux, parce qu’elle est si belle, mais sans m’arrêter. J’avais pensé y entrer mais il y avait un peu de monde sur le parvis. Juste un peu. Alors je me suis dit que j’aurai le temps plus tard, parce qu’elle est immortelle et qu’il est impossible qu’elle ne soit plus là un jour. Et puis j’ai suivi mon chemin. On sait pourtant qu’il faut prendre le temps, pendant qu’il est encore temps, alors pourquoi ne le fait-on pas ? Je voudrais presque m’excuser auprès d’elle d’avoir détourné le regard, de n’avoir pas regardé une fois encore son entrée majestueuse, ses sculptures, ses vitraux. Pardon. J’ai pourtant bien vu l’alignement des gargouilles et leurs drôles de postures en traversant la rue du Cloître Notre-Dame, mais si peu. Pardon. Pardon.
Ce matin, Notre-Dame brûlée se réveille sous la lumière du jour, meurtrie mais debout. La grande rosace est toujours là, sans doute a-t-elle changé de couleur avec les flammes. L’orgue aux 8000 tuyaux n’a pas disparu… Les œuvres d’art déplaçables ont été mises à l’abri (dont les tableaux de Le Nain) ainsi que les reliques du trésor, les 16 statues de cuivre représentant les 12 apôtres et les quatre évangélistes avaient été décrochées de la flèche pour être restaurées et ont ainsi échappé au sinistre. La Pietà monumentale commandée par Louis XIV est bel et bien là… Quand nous pourrons le faire, nous regarderons tout cela avec un regard neuf, comme quelque chose qu’on a failli perdre, avec attention, amour et tristesse mais heureux de les retrouver de nouveau, avec une émotion nouvelle. Peut-être est-ce une leçon ? Pour dire qu’il faut appréhender les choses pendant qu’elles sont sous nos yeux, rester attentif à la beauté, prendre le temps de regarder et d’aimer. Comme pour les êtres qui nous entourent et qui nous sont chers.

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