Lettre d’adieu

La muse de Leonard Cohen, Marianne Ihlen, qui a inspiré Bird on the Wire et So Long, Marianne, est décédée le 29 juillet en Norvège, à l’âge de 81 ans. Ils s’étaient rencontrés dans une épicerie de l’île d’Hydra, en Grèce, dans les années 1960, et étaient devenus amants. Pendant des années, Marianne Ihlen et son fils Axel Junior ont partagé la vie de Leonard Cohen en Grèce et au Canada.

Marianne Ihlen pose pour la postérité au verso du deuxième album du chanteur, Songs from a Room, sorti en 1969, qui s’ouvre sur le morceau Bird on the Wire. Elle est assise devant sa machine à écrire, dans leur petite maison blanche d’Hydra, vêtue d’une simple serviette.

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Quand Léonard Cohen a appris que la santé de Marianne déclinait, il a pris sa plume pour lui écrire une dernière lettre. Le réalisateur de documentaires et ami de Marianne, Jan Christian Mollestad, l’avait prévenu. Il a eu le temps de la lui lire avant qu’elle ne s’éteigne, comme le rapporte la radio canadienne CBC Radio. “Il n’a fallu que deux heures pour que cette magnifique lettre de Leonard à Marianne arrive, a-t-il raconté. Nous l’avons donnée à Marianne le lendemain, elle était pleinement consciente et remplie de joie que Leonard ait déjà écrit quelque chose pour elle”.
Voici les mots écrits pour elle  :
“Marianne, le temps où nous sommes si vieux et où nos corps s’effondrent est venu, et je pense que je vais te suivre très bientôt. Sache que je suis si près derrière toi que si tu tends la main, je pense que tu pourras atteindre la mienne. Tu sais que je t’ai toujours aimée pour ta beauté et ta sagesse, je n’ai pas besoin d’en dire plus à ce sujet car tu sais déjà tout cela. Maintenant, je veux seulement te souhaiter un très bon voyage. Adieu, ma vieille amie. Mon amour éternel, nous nous reverrons”.

Entendre une fois encore So long Marianne

Le jour se lève encore

6h50, ce matin. Alors que je soleil pointe son nez derrière la colline d’en face je pense à cette chanson de Barbara, « Le jour se lève encore ».
Je vous souhaite une belle journée.

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Tu verras, le jour se lève encore
Le jour se lève encore

La terre saigne ses blessures
Sous l’avion qui crache la mort
Quand l’homme chacal tire à bout portant
Sur l’enfant qui rêve, ou qui dort
Quand mal, trop mal, tu voudrais larguer
Larguer, tout larguer
Quand la folie des hommes nous mène à l’horreur
Nous mène au dégoût

N’oublies pas, l’aube revient quand même
Même pâle, le jour se lève encore
Etonné, on reprend le corps à corps
Allons-y puisque le jour se lève encore
Le jour se lève encore

Suivons les rivières, gardons les torrents
Restons en colère, soyons vigilants
Même si tout semble fini
N’oublions jamais qu’au bout d’une nuit
Qu’au bout de la nuit, qu’au bout de la nuit

Doucement, l’aube revient quand même
Même pâle, le jour se lève encore,
étonné, on reprend le corps à corps
Continues, le soleil se lève encore
Tu verras, le jour se lève encore
Tu verras, le jour se lève encore
Même si tu ne crois plus à l’aurore
Tu verras, le jour se lève encore
Le jour se lève encore
Le jour se lève encore
Le jour se lève encore
Encore
Encore…

Bowie + Deneuve

Bowie + Deneuve. Beaux oui !
Tournage vampirique du film « Les prédateurs » de Tony Scott, sorti en 1983.

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Et cette même année, Adjani chantait Gainsbourg :

Mâle au féminin
Légèrement fêlé
Un peu trop félin
Tu sais que tu es

Beau oui comme Bowie

Un peu d’Oscar Wilde
Un peu Dorian Gray
Quelques lueurs froides
Et un air glacé

Beau oui comme Bowie

Entre le physique
Et le figuré
C’est comme la musique
Suffit de balancer

Beau oui comme Bowie

Tout ce que tu as
C’est tout ce que je hais
Bien trop sûr de toi
Tu sais que tu es

Beau oui comme Bowie

Serge Gainsbourg, 1983

Valer Barna-Sabadus. « Cadra fra poco in cenere »

Jeune sopraniste allemand né en janvier 1985 en Roumanie, Valer Barna-Sabadus a trouvé sa vocation un jour, par hasard.
C’est à 17 ans qu’il a la révélation de sa voix (et voie) en regardant la prestation du contre-ténor Andreas Scholl lors d’une émission de télévision. L’adolescent captivé se met aussitôt à l’imiter et sa mère, pianiste, découvre stupéfaite les prédispositions de son fils dans ce registre vocal. Un an plus tard, il part étudier à l’ École Supérieure de Musique et de Théâtre de Munich. En 2009, il devient membre de l’Académie de théâtre bavaroise August-Everding.
Voici 3 minutes 17 pour apprendre à tutoyer les anges…

Jean Elleviou. Ténor de Ternand

Pierre-Jean-Baptiste-François Elleviou (2 décembre 1769 / 5 mai 1842) était chanteur, comédien et librettiste.
Il fut célèbre en son temps et est une figure emblématique de Ternand puisqu’il a été maire de la commune après avoir acheté le château de Ronzière et qu’il repose en paix ici, sous une imposante tombe carrée. Une tombe où rien n’est posé, ni fleur, ni stèle, ni souvenir… Juste son nom gravé, à peine visible sous la mousse qui le recouvre.

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Portrait d’Elleviou par Charles Berny. 1813

Fils de chirurgien, Pierre-Jean-Baptiste-François Elleviou refuse de suivre les traces de son père et s’enfuit pour Paris où il approche le monde des comédiens. Doté d’une voix bien timbrée, légère et souple de baryton (qu’il devait plus tard travailler afin d’acquérir la tessiture d’un ténor), il réussit à obtenir un rôle qu’il s’apprête à jouer quand il est appréhendé par les forces de l’ordre qui le jettent en prison sur les ordre de son père. Prison de la Rochelle où, dit-on, il chantait la romance de Richard Coeur de Lion « Dans une tour obscure, un roi puissant se languissait… », charmant les dames Rochelaises qui intervinrent en sa faveur auprès du père arrivé sur place. Il reprend finalement ses cours de médecine à Paris mais il prend rapidement son indépendance et débute le 19 avril 1790 en tant que basse-taille avec la troupe de l’Opéra-Comique dans le rôle d’Alexis dans l’opéra « Le Déserteur » de Monsigny. Progressant rapidement et ayant retravaillé sa technique, il aborde l’année suivante le répertoire de ténor avec « Philippe et Georgette » de Nicolas Dalayrac.
Bel homme, élégant, visage affable, il a grande prestance et un chant « conduit avec un goût très sûr ». Il excelle dans des rôles de capitaine de hussard, sachant ménager ses effets au grand plaisir des dames et des officiers. Il devient sociétaire de la troupe dès 1792.

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D’esprit plutôt modéré, il ne sympathise guère avec les opinions politiques de la Révolution et, après la chute de Robespierre le 9 thermidor, il se rapproche des milieux réactionnaires de sensibilité généralement royaliste, que les Conventionnels appelaient muscadins. Il finira par être recherché par la police et devra disparaître quelque temps pour se faire oublier.
Lorsqu’il ne craint plus d’être inquiété, il reparaît salle Favart, avant que la troupe ne fusionne en 1801 avec celle du théâtre Feydeau. Il deviendra un sociétaire de la nouvelle compagnie et l’un de ses administrateurs. Pour se changer des rôles de comiques troupiers qui commençaient à lasser le public, il met toute son influence pour revenir peu à peu au répertoire ancien, plus sérieux et plus sensible, avec notamment les opéras de Grétry : Zémire et Azor, L’Ami de la maison (tous deux de 1771), Richard Cœur-de-Lion (1784) et Pierre le Grand (1790). Elleviou, qui s’y montre sous un jour nouveau, voit sa renommée rebondir. Cependant, les critiques musicaux continuent à le comparer (à son désavantage) avec son prédécesseur, le fameux Clairval.

En 1807, il crée ce qui deviendra un de ses rôles-fétiches : Joseph de Méhul. La maréchale Lefebvre aurait dit en le voyant : « Si Joseph était aussi beau que ça, Mme Putiphar a été une forte dinde ! »

Son vieux père, en séjour à Paris, fut entraîné par un ami à l’Opéra-Comique où l’on donnait le Calife et, subjugué par la voix du ténor, il observa:
Si mon malheureux fils avait au moins ce talent, je lui pardonnerais de bon cœur le chagrin qu’il m’a fait.
Il est alors pardonné, car le ténor, c’est lui ! répondit l’ami. Et la réconciliation eut lieu.

D’un caractère capricieux et irritable, le chanteur devient financièrement de plus en plus exigeant. Il épouse une riche admiratrice lyonnaise qui le rend maître d’une petite fortune. Il quitte définitivement la scène le 10 mai 1813, en pleine gloire, à seulement 44 ans, et part s’établir dans une vaste propriété. C’est à Ternand, au château de Ronzière qu’il avait acheté en région lyonnaise, qu’il se consacre à l’agriculture. Agronome distingué, il apprend le travail de la vigne autour de lui et s’applique à reboiser la commune.
Élu maire puis conseiller général du Rhône, il meurt frappé d’apoplexie le 5 mai 1842 à 73 ans, dans les locaux du journal Le Charivari.
Présenté dans son cercueil au nouveau maire de Ternand le 29 juin 1844, il y est inhumé plus de deux ans après sa mort.

Sa carrière :

Elleviou possédait l’art de ménager ses effets et désarmait la critique. On ne compte plus ses créations et les divers rôles où il s’illustra. Sa carrière sera jalonnée de nombreux succès. Il joua surtout dans des opéras-comiques, mêlant le chant et la comédie. Il est donné par les critiques comme un excellent comédien au talent flexible, assumant aussi bien les rôles comiques que les sérieux.

Il sera l’interprète de la plupart des compositeurs importants de l’époque dont François Adrien Boieldieu (Le Calife de Bagdad, Jean de Paris), Méhul (L’Irato ou l’Emporté), Nicolo et Henri Montan Berton. Mais c’est surtout les œuvres de Nicolas Dalayrac qui lui permettent d’accéder à la célébrité : Philippe et Georgette (1791), Gulnare (1797), Adolphe et Clara (1799), Maison à vendre (1800) et Picaros et Diego (1803).

S’il figure comme compositeur dans l’en-tête de l’article biographique de Hoefer, il semble que seuls ses livrets soient restés dans les mémoires :
Le Vaisseau amiral (1805), musique de Berton, Délia et Verdikan (1806), musique de Berton, L’Auberge de Bagnères (3 actes, en collaboration avec C. Jalabert), musique de Charles Simon Catel.
Trente ans après avoir quitté la scène, il n’était pas oublié puisque Eugène Labiche, dans le Major Cravachon (comédie de 1844 censée se passer à Saumur en 1813) en fait l’idole dudit major :  « Je descendais la rue Vivienne en ruminant à part moi le morceau d’Elleviou que je venais d’applaudir… Elleviou, tu sais ? C’est mon idole…  »

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Louis-Léopold Boilly (1761-1845) Portrait de l’acteur Elleviou jouant « Le Prisonnier », 1798. Huile sur panneau. 54 x 45,5 cm Paris, Galerie Charly Bailly. Photo : Galerie Bailly

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Pierre-Jean-Baptiste-François Elleviou (1769-1842) , chanteur. Riesener Henri-François (1767-1828) Versailles, château de Versailles et de Trianon