Nicolas Bouvier

Ecrivain voyageur, mais il préférait dire « voyageur voyeur ». Nicolas Bouvier est né en 1929 à Genève, où il meurt en 1998. Il a contracté le virus du voyage dès sa jeunesse avec les livres qu’il lit grâce à un père bibliothécaire.
Il sera tour à tour poète, photographe, iconographe, homme de radio et de télévision, guide touristique en Chine, professeur, journaliste pour différents journaux suisses etc…
Pour l’un de ses plus grands voyages, il sera accompagné par le dessinateur Thierry Vernet. Ils partent pour la Yougoslavie puis suivent la route des Tziganes jusqu’à Kaboul. De ce voyage naîtra « L’Usage du monde », le récit du voyage devenu un « classique » du genre. Puis il poursuivra sa route, de la Laponie à l’Anatolie, du Tibet au Japon, de l’Irlande à la Corée, avec lenteur et contemplation.
Il nous donne à lire ses impressions les plus brutes et les plus véritables, nous donnant envie de partir sur le champs vers les chemins de la découverte et des surprises.
A lire ou à relire…

« À l’est d’Ezrum, la piste est très solitaire. De grandes distances séparent les villages. Pour une raison ou une autre, il peut arriver qu’on arrête la voiture et passe la nuit dehors. Au chaud dans une grosse veste de feutre, un bonnet de fourrure tiré sur les oreilles, on écoute l’eau bouillir sur le primus à l’abri d’une roue. Adossé contre une colline, on regarde les étoiles, les mouvements vagues de la terre qui s’en va vers le Caucase, les yeux phosphorescents des renards. Le temps passe en thés brûlants, et propos rares, en cigarettes, puis l’aube se lève, s’étend, les cailles et les perdrix s’en mêlent… et on s’empresse de couler cet instant souverain comme un corps mort au fond de sa mémoire, où on ira le rechercher un jour. On s’étire, on fait quelques pas, pesant moins qu’un kilo, et le mot « bonheur » paraît bien maigre et particulier pour décrire ce qui vous arrive.
Finalement, ce qui constitue l’ossature de l’existence, ce n’est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d’autres penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l’amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible coeur. »

Nicolas Bouvier, L’Usage du Monde.

« Mes lèvres »

Mes lèvres sont mortes d’ivresse,
Embrasées dans un tourbillon,
Carillonnant plein de promesses,
En confettis et cotillons.

Alors que tout autour de moi,
Semblait vibrer, tourbillonner,
Dans des éclats de rires gras,
Mes lèvres se sont desséchées.

Je les avais brûlées pour toi,
Fardées de rouge et puis d’étoiles,
Amassées, cachées sous mon voile,
A l’aube en te croyant mon roi.

Mes lèvres sont mortes à minuit.

Mes lèvres sont mortes d’ivresse,
Embrasées dans un tourbillon,
Carillonnant, plein de promesses,
En confettis et cotillons.

Bien sûr, tu m’avais prévenue,
Venant auprès de moi, que toi,
Tu ne te mettrais pas à nu,
Que tu venais par désarroi.

Mais tes mains, tu me les tendais,
Tes mains trop grandes et tes doigts d’or,
Je les ai laissés me serrer,
Ils sont à la taille de mon corps.

Mes lèvres sont mortes à minuit.

Mes lèvres sont mortes d’ivresse,
Embrasées dans un tourbillon,
Carillonnant plein de promesses,
En confettis et cotillons.

Quand dans ta nuit, tu m’as couchée,
C’est à ma bouche que tu pressais,
Ta tête lourde et ta douleur,
J’étais ton ange, ta douceur.

Veilleuse de nuit, j’ai posé
Mes doigts sur tes yeux enfoncés,
Car je les sentais exploser,
Tes yeux, au creux de ta pensée.

Mes lèvres sont mortes à minuit.

Mes lèvres sont mortes d’ivresse,
Embrasées dans un tourbillon,
Carillonnant plein de promesses,
En confettis et cotillons.

Ton ange, dans ce tourbillon,
Rêvait, quand ses lèvres ont pris feu,
Elle brûlaient pour le réveillon
Dans une brèche de tes yeux.

Mes lèvres sont mortes à minuit
Au premier son du carillon,
Dont les douze coups m’ont réduite
En une pluie de cotillons.

Mes lèvres sont mortes à minuit,
Mes lèvres sont mortes…

« Mes lèvres ». Album « Initiale ». Texte L

Egoïste n°16

Egoïste. Un grand format, exclusivement en noir et blanc, 2 volumes, 248 pages,  pas de reliure, un beau papier, une parution aléatoire, 35 euros…
Sa fondatrice, Nicole Wisniak définit son magazine comme un périodique « spasmodique ». Un joli nom pour expliquer une sortie qui n’est imposée par personne, juste ses envies guidées par le vent, en prenant son temps. C’est tellement rare aujourd’hui.
Le 16ème numéro de la revue Egoïste est dans les kiosques depuis le 17 mai et déjà, on a du mal à le trouver. Comme à son habitude, les 25000 exemplaires s’arrachent en quelques jours, et les anciens numéros deviennent des collectors dont les prix s’enflamment aux enchères.
En couverture cette fois-ci, Keira Knightley pour le premier volume et James Thierrée pour le second.
Françoise Sagan avait suggéré une règle : des textes d’écrivains et non de journalistes. Au sommaire de ce dernier numéro on trouve donc Marc Fumaroli, Patrick Besson, Jean d’Ormesson, Pascal Bruckner, Michka Assayas…
Les publicités, composées souvent sur plusieurs pages, sont un des attraits du magazine. Imaginées par Nicole Wisniak, elles racontent de courtes histoires, et les annonceurs sont ravis de la création faite autour de leurs marques. Pas de slogans, pas de longs discours, juste un nom suffit. C’est beau. Unique.
S’il est aisé de faire du « glamour » avec Cartier, Saint Laurent ou Dior, comment garder le cap avec la marque d’aspirateur Dyson ? Pas de problème avec Egoïste, qui sait toujours inventer une histoire à la hauteur du magazine.

Valérie Lemercier a rendez-vous avec plusieurs personnalités et s’habille à leur image. Ici, rendez-vous avec Pedro Almodovar et Pete Doherty…

Magnifique travail d’Ellen Von Unwerth avec Kira Knightley…

Côté photographes, on fait appel à Ellen von Unwerth, Paolo Roversi ou François-Marie Banier pour présenter Lancôme, Boucheron ou Le bon marché. Facture graphique haut de gamme avec une qualité d’impression impeccable. Il faut des mois, des années à Nicole Wisniak pour s’occuper de la création et tout contrôler, depuis l’idée de départ jusqu’à l’imprimerie.

Egoïste est comme un beau livre d’art, ou mieux, un objet d’art.

« L’œil de la poupée ». Irina Ionesco

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Irina Ionesco a écrit en 2004 le premier volet de son autobiographie, « L’œil de la poupée » (avec la collaboration de Marie Desjardins).
Sans doute l’occasion de comprendre son travail, de connaitre ses inspirations, de savoir pourquoi la poupée tient une place si importante dans son œuvre, d’où vient son goût pour le passé à travers les dentelles et les décors surannés où posent ses modèles aux mille bijoux, les maquillages d’une autre époque, le souvenir des objets rares, et bien sûr l’enfance et le passage délicat vers l’âge de raison, avec sa fille Eva qu’elle ne cessera de photographier, inlassablement…
Dans « L’œil de la poupée », la photographe s’expose et se dévoile à travers le récit de sa propre histoire. En introduction du livre, on peut lire ces mots :
« Dans ce récit de ma vie, j’ai choisi de m’appeler Isa, ce prénom que je me suis donné au début de ma carrière de danseuse. Et j’ai volontairement occulté la plupart des noms de famille de tous les êtres que j’ai connus. Ainsi cette autobiographie peut-elle se lire comme un roman.  »

Extrait :  » La voix monocorde de Manie scandait le temps. Isa éprouvait une réelle incrédulité à écouter cette transe d’aveux funestes que sa grand-mère exprimait enfin. Les mots s’égrenaient. Ses paroles, nimbées d’un son lugubre, ne frappaient pas encore l’entendement d’Isa. Cependant elle commençait à découvrir le sens d’un drame, assurément antique, dont elle aurait été le sujet et la cause. Ce qu’elle venait d’entendre à propos de leur vie à eux – cette trilogie maudite, le temps d’un blasphème dont elle aurait été le fruit – déchirait l’épaisseur d’un voile noir composé de mille strates. Une lumière terrible éclairait son interminable questionnement.  »

« L’œil de la poupée ». 208 pages. Editeur : Des femmes

L’horloge. Charles Baudelaire

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Les Chinois voient l’heure dans l’œil des chats.
Un jour un missionnaire, se promenant dans la banlieue de Nankin,
s’aperçut qu’il avait oublié sa montre, et demanda à un petit garçon
quelle heure il était.
Le gamin du céleste Empire hésita d’abord ; puis, se ravisant, il répondit : « Je vais vous le dire. »

Peu d’instants après, il reparut, tenant dans ses bras un fort gros
chat, et le regardant, comme on dit, dans le blanc des yeux il affirma
sans hésiter : « Il n’est pas encore tout à fait midi. »
Ce qui était vrai.

Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée,
qui est à la fois l’honneur de son sexe, l’orgueil de mon coeur et le
parfum de mon esprit, que ce soit la nuit, que ce soit le jour, dans la
pleine lumière ou dans l’ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je
vois toujours l’heure distinctement, toujours la même, une heure vaste,
solennelle, grande comme l’espace, sans division de minutes ni de
secondes, une heure immobile qui n’est pas marquée sur les horloges,
et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d’oeil.

Et si quelque importun venait me déranger pendant que mon regard
repose sur ce délicieux cadran, si quelque génie malhonnête et
intolérant, quelque démon du contre-temps venait me dire :   » Que
regardes-tu là avec tant de soin ? Que cherches-tu dans les yeux de
cet être ? Y vois-tu l’heure, mortel prodigue et fainéant ? » Je
répondrais sans hésiter :
« Oui, je vois l’heure ; il est l’éternité !  »
N’est-ce pas, madame, que voici un madrigal vraiment méritoire, et aussi emphatique que vous-même ?
En vérité, j’ai eu tant de plaisir à broder cette prétentieuse galanterie, que je ne vous demanderai rien en échange ».

Charles Baudelaire. L’Horloge, Le Spleen de Paris.

Les manuscrits de Serge Gainsbourg

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Laurent Balandras a eu accès aux archives de Charlotte Gainsbourg, Jane Birkin ou de collectionneurs privés, et nous propose plus de 500 pages de documents qui forment un livre passionnant et émouvant, permettant de découvrir pas à pas la genèse de certaines chansons mythiques.
Brouillons, dessins, partitions… Et la magnifique écriture de Serge Gainsbourg qui graphiquement est proche de l’œuvre d’art.
Editions Textuel.

Nouvelle couverture pour ces manuscrits de serge Gainsbourg

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Les chats d’Anny Duperey

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Anny Duperey, amoureuse des chats, a publié plusieurs livres à leur égard…

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« Il m’est venu d’écrire un livre doux. pas vraiment sur les bêtes mais plutôt autour, à propos des rapports que nous avons avec certaines d’entre elles. Pourquoi avons-nous une telle faim de leur tendresse, à leurs qualités particulières ?
Envie de rendre hommage, aussi à ces personnes animales rares qui accompagnent parfois un temps de notre existence et y apportent paix et simplicité. »
Anny Duperey à propos de son livre  » Les chats de hasard ».

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Oingt, la citadelle du Beaujolais

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Un ouvrage vient de paraitre sur un des « plus beaux villages de France », le village d’Oingt, qui se trouve en face de mes fenêtres et que je ne cesse d’admirer et de photographier régulièrement.
Un livre de 210 pages couleurs pour raconter l’histoire, la grande comme la petite, du village, depuis sa naissance jusqu’à nos jours. Village médiéval, dans la région des pierres dorées, ses orgues de Barbaries, le vin et les vignerons, la taille de la pierre, sa fabrication à l’ancienne de tuiles, briques et carreaux, les créateurs et artisans qui travaillent ici, etc… Des textes riches en informations, illustrés par de nombreuses photographies.
J’ai l’honneur de figurer parmi les artistes de cette belle région du Beaujolais.
Voici la double page qui m’est consacré.
(A noter, le reflet de lumière sur la page, mais c’est normal. En règle générale je m’arrange pour éviter ce genre de désagrément, mais le graphiste a voulu cet effet de brillance qu’il devait trouver joli. Respectons.)

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Andrée Chedid (20 mars 1920/6 février 2011)

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L’autre
« Je est un autre »  Arthur R.

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre

J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits

Je dépiste et dénude un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie

Retombée sur ma Terre
J’y répète à voix basse
Inventions et souvenirs

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.

Andrée Chedid

Joyeux anniversaire à Diego Rivera

Lettre écrite par Frida Kahlo pour Diego Rivera.

PPJ-33259, portrait of Diego Rivera and Frida Kahlo

8 décembre 1945

Diego, mon enfant, mon amour,
Tu sais quels cadeaux je t’offrirais volontiers, non seulement aujourd’hui mais toute la vie, mais j’ai eu cette année la malchance de ne rien pouvoir te donner qui vienne de mes propres mains et de rien pouvoir t’acheter qui te plaise vraiment. Je t’offre tout ce qui est à moi et que je possède depuis toujours, ma tendresse qui naît et vit à chaque heure, juste parce que tu existes et que tu la reçois.

Ta petite
Fisita
(Ton ancienne Magicienne)

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Photographie Nickolas Muray. 1940

La légende du pot fêlé

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« Une vieille dame chinoise possédait deux grands pots, chacun suspendu au bout d’une perche qu’elle transportait, appuyée derrière son cou.
Un des pots était fêlé alors que l’autre pot était en parfait état et rapportait toujours sa pleine ration d’eau. A la fin de la longue marche du ruisseau vers la maison, le pot fêlé, lui, n’était plus qu’à moitié rempli d’eau.

Tout ceci se déroula quotidiennement pendant deux années complètes alors que la vieille dame ne rapportait chez elle qu’un pot et demi d’eau.
Bien sûr le pot intact était très fier de ce qu’il accomplissait mais le pauvre pot fêlé avait honte de ses propres imperfections. Le pot fêlé se sentait triste car il ne pouvait faire que la moitié du travail pour lequel il avait été créé.

Après deux années de ce qu’il percevait comme un échec, il s’adressa un jour à la vieille dame alors qu’ils étaient près du ruisseau.
« J’ai honte de moi-même parce que la fêlure sur mon côté laisse l’eau s’échapper tout le long du chemin lors du retour vers la maison. »
La vieille dame sourit :
« As-tu remarqué qu’il y a des fleurs sur ton côté du chemin et qu’il n’y en a pas de l’autre côté ?
J’ai toujours su à propos de ta fêlure, donc j’ai semé des graines de fleurs de ton côté du chemin et, chaque jour, lors du retour à la maison, tu les arrosais…
Pendant deux ans, j’ai pu ainsi cueillir de superbes fleurs pour décorer la table.
Sans toi, étant simplement tel que tu es, il n’aurait pu y avoir cette beauté pour agrémenter la nature et la maison. »

Chacun de nous avons nos propres manques, nos propres fêlures mais ce sont chacun de ces manques qui rendent nos vies ensemble si intéressantes.
Chaque fêlure rend nos vies enrichissantes à trouver ce qu’elle a de bon en elle.

Donc, à tous mes amis fêlés, passez une superbe journée et rappelez-vous de prendre le temps de sentir les fleurs qui poussent sur votre côté du chemin ! »

« Rêvé pour l’hiver »

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L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras: « Cherche! » en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…

Arthur Rimbaud
(7 octobre 1870)


Autoportrait

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 » La pudeur me retint de montrer mon visage nu; aussi m’affublais-je d’un turban rouge, aux plis compliqués. Mon buste émergerait d’une pénombre, vêtu d’une fourrure d’apparat. De trois quarts, sans saint protecteur, tel quel, j’orientai mon regard vers le spectateur – du jamais vu ! – avec résolution.

Afin de déjouer Narcisse et Mnémosyne, je devais m’oublier pour bien me voir, tel qu’un peintre m’aurait détaillé…

En écrasant la pâte, en jouant avec l’ombre et la lumière pour le modelé de mes joues d’homme mûr, je dévidais mes jours et leurs détours. Ces émotions, ces réminiscences m’éprouvèrent aussi durement que la préparation du retable. Un tel retournement sur soi étreint l’âme… « .

Un livre d’Elisabeth Bélorgey (Editions Fayard, 2000) retrace la vie du célèbre peintre flamand Van Eyck dans un roman en forme d’autobiographie fictive. « Autoportrait de Van Eyck »

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Frida Kahlo par Frida Kahlo suite…

Je suis encore plongé dans ce livre, et les pages, les lettres, les mots de Frida défilent… Il y a du doux, du beau, de la tristesse, des doutes, de la cruauté, de l’amour et de la mort, la vie quoi !

Extrait d’une lettre à Diego Rivera depuis sa maison bleue de Coyoacàn, le 11 juin 1940, avec les doutes d’une artiste sur son travail, mais la force de vaincre, toujours…

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« Fragments » de Marilyn Monroe

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Sortie aujourd’hui de ce livre tant attendu.
Des centaines de livres ont été écrit sur Marilyn. En voilà un de plus, mais celui-ci à le mérite d’avoir été écrit par… la star elle-même. Un volume de 250 pages rassemblant des photos personnelles, des extraits de journaux, des lettres et des poèmes écrits par Marilyn, de l’âge de 17 ans jusqu’à sa mort.
Elle raconte ici l’histoire de sa propre vie, dévoile sa correspondance avec son psychanalyste, et sa nature mélancolique qui lui collait à la peau. « Pour la première fois, on entre dans l’univers mental de Marilyn qui cherche à comprendre le monde qui l’entoure, ses relations aux autres, avec elle-même », déclare Bernard Comment, coéditeur de l’ouvrage, à qui Anna Strasberg, responsable du fonds Marilyn Monroe Estate, a directement confié ces textes. On découvre l’actrice en femme angoissée, piégée dans sa propre image, qui « cherche à fuir les clichés » hollywoodiens, explique l’éditeur.

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Couverture du livre, version américaine.

Caroline Gutmann, une des collaboratrices de Bernard Comment explique :
« Ce qui est bouleversant, c’est le regard qu’elle porte sur elle-même et sur le monde factice qui l’entoure, sur le travail d’actrice. »
Sensibilité et intelligence dans la plume de Marilyn. On découvrira son style fin et empreint de références à de grands écrivains : Arthur Miller bien sûr, mais aussi James Joyce, Samuel Beckett et le fondateur de la poésie américaine, Walt Whitman.

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"Fragments", version luxe.

L’écrivain italien Antonio Tabucchi écrit dans la préface du livre : « À l’intérieur de ce corps vivait l’âme d’une intellectuelle et
poète dont personne n’avait le soupçon. »

« Fragments ».
272 pages, dont 101 fac-similés des textes originaux et 33 photos. Editions du Seuil. 29,80€
Version Luxe (livre broché). 49€

La poupée cassée

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Lorsqu’elle se réveilla, à l’hôpital, Frida ne se rappelait pas ce qui s’était passé.
Mais le rêve de la poupée lui revint très clairement. Dans sa tête, elle entendit le bruit de la porcelaine brisée. Elle réclama un grand miroir, des crayons et du papier. Puis elle commença à dessiner la poupée cassée.
Ce jour-là, Frida réalisa son premier autoportrait.

Un conte inspiré par la vie de Frida Kahlo, écrit par Marie-Danielle Croteau et illustré par Rachel Monnier.
Voici 25 pages pour voyager… Belles illustations aux couleurs du Mexique, et un conte pour les petits et les grands, pour ceux qui aiment Frida, ses blessures, ses amours et ses sourires…

Aux éditions Les 400 coups, ICI

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Proust par lui-même

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Le questionnaire de Proust, 1886. Combien d’innombrables personnalités ont répondu à ces questions ?
Marcel  Proust avait répondu lui-même à son fameux questionnaire vers 1890, mais en le modifiant. Quelques questions supprimées (mes héroïnes préférées de la vie moderne, ma nourriture et boisson préférée…), d’autres rajoutées (la fleur que j’aime, mes peintres préférés…)

Voilà son portrait par Jacques Emile Blanche et Proust par lui-même.

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Le principal  trait de mon caractère : Le besoin d’être aimé et, pour
préciser, le besoin d’être caressé et gâté bien plus que le besoin d’être
admiré.

La qualité que je désire chez un homme : Des charmes féminins.

La qualité que je  désire chez une femme : Des vertus d’homme et la
franchise dans la camaraderie.

Ce que j’apprécie  le plus chez mes amis : D’être tendre pour moi, si leur
personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse.

Mon principal défaut : Ne pas savoir, ne pas pouvoir « vouloir ».

Mon occupation préférée : Aimer.

Mon rêve de bonheur : J’ai peur qu’il ne soit pas assez élevé, je n’ose
pas le dire, j’ai peur de le détruire en le disant.

Quel serait mon plus grand  malheur : Ne pas avoir connu ma mère ni ma
grand-mère.

Ce que je voudrais être : Moi, comme les gens que j’admire me voudraient.

Le pays où je désirerais  vivre : Celui où certaines choses que je voudrais
se réaliseraient  comme par un enchantement et où les tendresses seraient
toujours partagées.

La couleur que je préfère : La beauté n’est pas dans les couleurs, mais
dans leur harmonie.

La fleur que j’aime : La sienne, et après, toutes.

L’oiseau que je préfère : L’hirondelle.

Mes auteurs favoris en  prose : Aujourd’hui Anatole France et Pierre Loti.

Mes poètes préférés : Baudelaire et Alfred de Vigny.

Mes héros dans la  fiction : Hamlet.

Mes héroïnes  favorites dans la fiction : Bérénice.

Mes compositeurs préférés : Beethoven, Wagner, Schumann.

Mes peintres favoris : Léonard de Vinci, Rembrandt.

Mes héros dans la  vie réelle : M. Darlu, M. Boutroux.

Mes héroïnes dans l’histoire : Cléopâtre.

Mes noms favoris : Je n’en ai qu’un à la fois.

Ce que je déteste  par-dessus tout : Ce qu’il y a de mal en moi.

Caractères historiques que je méprise le plus : Je ne suis pas assez
instruit.

Le fait militaire que j’admire le plus : Mon volontariat !

La réforme que j’estime le plus :

Le don de la nature que je voudrais avoir : La volonté, et des séductions.

Comment j’aimerais mourir : Meilleur, et aimé.

État présent  de mon esprit : L’ennui d’avoir pensé à moi pour répondre  à
toutes ces questions.

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence : Celles que je comprends.

Ma devise : J’aurais trop peur qu’elle ne me porte malheur.