Category: Lecture

« Frida. Petit journal intime illustré » »

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Une nouveauté en librairie concernant Frida Kahlo. Un bel album magnifiquement illustré où l’on retrouve la vie de l’artiste mexicaine à travers le regard, les pinceaux et les inspirations de l’illustratrice Vanna Vinci.
Le résumé de l’éditeur :
Un petit journal illustré qui revient sur l’art, la vie et les sentiments de Frida Kahlo : son enfance, son accident, son mariage légendaire avec Diego Rivera, sa passion pour une peinture transformée en miroir de l’intériorité. L’histoire extraordinaire d’une femme magnétique, charismatique et créatrice de son image : une icône pop.

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Lettre à Isabelle »

Dans cette lettre, Gérard Depardieu s’adresse à Isabelle Adjani et parle des prémices du chef-d’œuvre réalisé par Bruno Nuytten, Camille Claudel, mais aussi du rôle de l’acteur, de l’incarnation d’un personnage qui hante et bouleverse celui qui lui a prêté son enveloppe charnelle pour finalement l’abandonner et lui laisser une sensation de grand vide.

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Ma chère Isabelle,

J’ai rasé ma barbe ce matin. Maintenant, il faut que je maigrisse. Tu vois, Rodin s’éloigne… Au sens propre, je me désincarne. Je me sens vide, vidé. Dans cet état de désœuvrement, d’entre-deux rôles, je risque tout. Je m’accroche à l’idée de perdre du poids, d’être prêt pour le prochain film. Rodin s’est défendu pied à pied, pendant plusieurs jours, avant de vaciller sur son socle. Je vacille…

Comme ces chevaliers du Moyen Age roulant sous la table le soir d’un tournoi, j’ai besoin d’une ripaille flamboyante, d’une cuite salvatrice. Il me faut cette violence, cette déflagration, je m’éclate, je m’émiette. Oui, c’est le mot, je m’émiette.

Toi, Isabelle, tu es une guerrière, toujours en éveil, prête à recevoir l’ennemi. Tu as régné sur le tournage de Camille Claudel. Tu portais depuis longtemps ce film en toi. Je tournais encore Sous le soleil de Satan quand tu es venue m’en parler pour la première fois. Tu es entrée sans prévenir dans cette auberge d’un autre temps. Il émanait de toi quelque chose de surnaturel, d’impalpable, une sorte d’énergie spirituelle. On devinait en toi une énergie farouche, indomptable, presque anthropophage ! Tu étais venue derrière tes grandes lunettes noires me proposer d’être Rodin. À ce moment, le compteur de la ville de Montreuil a explosé ! Nous avons continué notre conversation à la bougie. C’était une rencontre magique. Notre deuxième rencontre.

J’ai envie d’avoir ta force, Isabelle, de te ressembler, si forte malgré tes attaches fines. Tu es une femme préhistorique, riche de ses grands instincts quand l’homme amputé, coupé de son animalité est un bipède moribond, malade de l’humanité. Si Rodin a pu vivre, sculpter, c’est en s’alimentant des forces vives de Camille, ne lui laissant en partage de leur passion que la folie, un amour épuisé.

Tu vois Isabelle, j’ai rasé ma barbe ce matin, et j’ai du mal à m’en remettre.

(Gérard Depardieu. « Les lettres volées », 1988. Lattès)

« Les contes du chat perché » »

« Mais pourquoi avez-vous appelé votre gîte « La maison du chat perché ? » me dit-on souvent.
La réponse est posée sur une console, dans la « Chambre de la Lune », prête à être effeuillée et redécouverte.

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« Je me suis assis sous un pommier, et le chat m’a raconté des aventures qu’il était seul à connaître, parce qu’elles sont arrivées à des bêtes du voisinage et à deux petites filles qui sont des amies. Ces Contes du chat perché, je les donne ici sans rien y changer. L’opinion de mon ami le chat est qu’ils conviennent à tous les enfants qui sont encore en âge où on peut comprendre les bêtes et parler avec elles. »
Marcel Aymé.

Alice de Lewis »

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Ours d’Anne Sylvestre »

Extrait de Coquelicot et autres mots que j’aime, un livre de la merveilleuse Anne Sylvestre.

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« L’horloge », en prose »

Les Chinois voient l’heure dans l’œil des chats.

Un jour un missionnaire, se promenant dans la banlieue de Nankin, s’aperçut qu’il avait oublié sa montre, et demanda à un petit garçon quelle heure il était.

Le gamin du céleste Empire hésita d’abord ; puis, se ravisant, il répondit : « Je vais vous le dire. » Peu d’instants après, il reparut, tenant dans ses bras un fort gros chat, et le regardant, comme on dit, dans le blanc des yeux, il affirma sans hésiter : « Il n’est pas encore tout à fait midi. » Ce qui était vrai.

Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée, qui est à la fois l’honneur de son sexe, l’orgueil de mon cœur et le parfum de mon esprit, que ce soit la nuit, que ce soit le jour, dans la pleine lumière ou dans l’ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je vois toujours l’heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle, grande comme l’espace, sans divisions de minutes ni de secondes, — une heure immobile qui n’est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d’œil.

Et si quelque importun venait me déranger pendant que mon regard repose sur ce délicieux cadran, si quelque Génie malhonnête et intolérant, quelque Démon du contretemps venait me dire : « Que regardes-tu là avec tant de soin ? Que cherches-tu dans les yeux de cet être ? Y vois-tu l’heure, mortel prodigue et fainéant ? » je répondrais sans hésiter : « Oui, je vois l’heure ; il est l’Éternité ! »

N’est-ce pas, madame, que voici un madrigal vraiment méritoire, et aussi emphatique que vous-même ? En vérité, j’ai eu tant de plaisir à broder cette prétentieuse galanterie, que je ne vous demanderai rien en échange.

Charles Baudelaire

Jour lumineux »

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Il est des jours pas comme les autres. Des jours qui s’éclairent de façon inattendue parce que quelqu’un d’un peu trop loin l’a décidé.
Un jour lumineux, c’est comme aujourd’hui où je reçois un mystérieux paquet. Je reconnais le nom de l’expéditrice noté au dos et je souris.
Surprise ! S’écoulent de l’enveloppe cartonnée plein de petits paquets bleus pour du bleu plein les yeux. Alors je les ouvre un à un en appréciant chacun des détails qui me parlent, forcément. Je vois là des petits signes rappelant nos conversations, des choses écrites ou partagées. « Modigliani, une bonté bleue », le Yogi Tea, Van Dongen, « Paint your own reality »…. On ne se connait pas dans la vraie vie mais on se connait tout de même, dans une vie différente. Des détails et des petits signes qui se croisent, des musiques, des lectures, des auteurs, des artistes…
Je découvre là des attentions toutes particulières, touchantes.

A l’heure où j’écris, j’ai mangé cinq carreaux de « Chocolate and Love » et un sachet de Yogi Tea infuse dans sa théière bleue. Oui Paolina, j’ai suivi tes couleurs et mis ce sachet bleu dans une théière bleue. Faut pas rigoler avec ça, hein ! Les harmonies…
Ma réponse sera-t-elle rouge, jaune ou blanche ? Ou bien comme la terre, bleue comme une orange ?

Je vous invite à aller faire un tour sur le blog de Paolina, « Un fil de vie » où il fait bon se promener, lire pour avoir envie de lire, voir de belles illustrations, à l’heure du thé entre un plaid fleuri posé dans l’herbe fraîche et une bibliothèque bondée de merveilles, une rose exilée dans un bol d’eau, une bougie qui sent certainement la fleur d’oranger ou les épices, s’enfoncer dans un vieux fauteuil nomade couleur camomille et se sentir comme dans un cocon, installé confortablement comme dans une roulotte colorée qui poursuit son chemin de vie…
Pour vivre tout ça à la fois et rêver un peu, beaucoup, passionnément, c’est ICI
Grazie, e grazie mille volte per la tua presenza, Paolina.

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La plume de Rimbaud »

C’est beau à lire et c’est beau à voir, les mots de D’Arthur Rimbaud écrit par sa main…

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Sur la route. Morceau choisi »

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Victor Hugo. « Actes et Paroles ». 1876 »

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Le 4 septembre 1870, pendant que l’armée prussienne victorieuse marchait sur Paris, la république fut proclamée. Le 5 septembre, Victor Hugo, absent depuis dix-neuf ans, rentra. Pour que sa rentrée fût silencieuse et solitaire, il prit celui des trains de Bruxelles qui arrive la nuit. Il arriva à Paris à dix heures du soir. Une foule considérable l’attendait à la gare du Nord.
Il adressa au peuple cette allocution :

 » Citoyens, j’avais dit : Le jour où la république rentrera, je rentrerai. Me voici.
Deux grandes choses m’appellent. La première, la république. La seconde, le danger.
Je viens ici faire mon devoir.
Quel est mon devoir ?
C’est le vôtre, c’est celui de tous. 
Défendre Paris, garder Paris.

Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde.
Paris est le centre même de l’humanité. Paris est la ville sacrée.
Qui attaque Paris attaque en masse tout le genre humain.

Paris est la capitale de la civilisation, qui n’est ni un royaume, ni un empire, et qui est le genre humain tout entier dans son passé et dans son avenir. Et savez-vous pourquoi Paris est la ville de la civilisation ? C’est parce que Paris est la ville de la révolution.

Qu’une telle ville, qu’un tel chef-lieu, qu’un tel foyer de lumière, qu’un tel centre des esprits, des cœurs et des âmes, qu’un tel cerveau de la pensée universelle puisse être violé, brisé, pris d’assaut, par qui ? Par une invasion sauvage ? Cela ne se peut. Cela ne sera pas. Jamais, jamais, jamais !

Citoyens, Paris triomphera parce qu’il représente l’idée humaine et parce qu’il représente l’instinct populaire.
L’instinct du peuple est toujours d’accord avec l’idéal de la civilisation.
Paris triomphera, mais à une condition : c’est que vous, moi, nous tous qui sommes ici, nous ne serons qu’une seule âme; c’est que nous ne serons qu’un seul soldat et un seul citoyen, un seul citoyen pour aimer Paris, un seul soldat pour le défendre.

À cette condition, d’une part la république une, d’autre part le peuple unanime, Paris triomphera.
Quant à moi, je vous remercie de vos acclamations mais je les rapporte toutes à cette grande angoisse qui remue toutes les entrailles, la patrie en danger.

Je ne vous demande qu’une chose, l’union !
Par l’union, vous vaincrez.

Étouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments, soyez unis, vous serez invincibles. 
Serrons-nous tous autour de la république en face de l’invasion, et soyons frères. Nous vaincrons.
C’est par la fraternité qu’on sauve la liberté. « 

Reconduit par le peuple jusqu’à l’avenue Frochot qu’il allait habiter, et rencontrant partout la foule sur son passage, M. Victor Hugo arrivant rue de Laval remercia encore une fois le peuple de Paris et dit :
 » Vous me payez en une heure dix-neuf ans d’exil « .

 

 

Pour être heureux… »

Un enfant demande à son père :

« Dis papa, quel est le secret pour être heureux ? »

Sans dire un mot, le père demande à son fils de le suivre. Ils sortent de la maison, le père sur le dos de leur vieil âne et le fils suivant à pied. Et les gens du village disent :

« Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d’aller à pied ! »

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison », dit le père.

Le lendemain ils sortent de nouveau. Le père ayant installé son fils sur l’âne et lui marchant à côté.

Les gens du village disent alors :

«Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied ! »

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

Le jour suivant, ils s’installent tous les deux sur l’âne avant de quitter la maison.

Les villageois commentèrent en disant :

« Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi ! »

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l’âne trottinant derrière eux. Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :

« Voilà qu’ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant !

C’est le monde à l’envers ! »

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

De retour à la maison, le père dit à son fils :

« Tu me demandais l’autre jour le secret du bonheur.

Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu’un qui trouveras quelques choses à redire.

Fais ce qui te plaît et là tu seras vraiment heureux. »

Le Petit Prince. Extrait »

« C’est une folie de haïr toutes les roses parce qu’une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué… C’est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une d’elles vous a trahi, de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas allé dans la bonne direction. Il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ. »
Le Petit Prince. Antoine de Saint-Éxupéry.

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Les vacances »

« Paul dit à Sophie :
Tu m’avais donc oublié ?
Elle, tristement :
Oublié, non, mais tu dormais dans mon cœur, et je n’osais pas te réveiller.« 

(La Comtesse de Ségur. « Les vacances »)

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Image © Christophe Renoux

 

Lecture »

 » Il y a toujours une chose qu’on ne jette dans aucun cas.
Ce n’est pas nécessairement une chose. Ce peut-être une lumière, une attente, un seul nom. Ce peut être une tache sur un mur, un arbre à la fenêtre ou même une heure particulière du jour.
C’est une chose dont on s’éprend sans raison, sans besoin. C’est une fidélité silencieuse à ce qui passe et demeure. C’est un amour taciturne, immobile : il se dépose au fond de l’âme comme au fond d’un creuset. Il y laisse un rien de lumière, une poussière de ciel bleu. Cela peut arriver avec un livre, avec une tasse dépareillée ou une musique. Cela peut arriver avec n’importe quel fragment du monde – ou de l’âme.  »

Christian Bobin. La part manquante

Phrase du jour »

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De la poésie pure, signée Christian Bobin. Extrait de »L’homme-joie ».

Neige »

Dans la chaleur de l’été, quel bonheur que de relire le magnifique livre « Neige » de Maxence Fermine. De la fraîcheur dans les pages et du bonheur dans les mots.
Des mots qui font frissonner pour une histoire qui fait du bien à tout le corps et aussi à l’âme. Vous voulez un exemple ? Voici les premières pages du livre.

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Résumé du livre :

« C’était une nuit de pleine lune, on y voyait comme en plein jour. Une armée de nuages aussi cotonneux que des flocons vint masquer le ciel. Ils étaient des milliers de guerriers blancs à prendre possession du ciel. C’était l’armée de la neige. »
Au Japon, à la fin de XIXe siècle, le jeune Yuko s’adonne à l’art difficile du haïku. Désireux de perfectionner son art, il traverse les Alpes japonaises pour rencontrer un maître. Les deux hommes vont alors nouer une relation étrange, où flotte l’image obsédante d’une femme disparue dans les neiges.
Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l’amour ont la fulgurance du haïku.
On y trouve aussi le portrait d’un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s’affronte aux forces de la vie.

Editeur : Seuil

Chaleur de l’ardente après-midi »

Dans la chaleur de l’ardente après-midi de juillet, la salle, aux volets soigneusement clos, était pleine d’un grand calme. Il ne venait, des trois fenêtres, que de minces flèches de lumière, par les fentes des vieilles boiseries ; et c’était, au milieu de l’ombre, une clarté très douce, baignant les objets d’une lueur diffuse et tendre. Il faisait là relativement frais, dans l’écrasement torride qu’on sentait au dehors, sous le coup de soleil qui incendiait la façade.

Emile Zola. Le docteur Pascal

« Coquelicot ». Anne Sylvestre »

Extrait du premier livre d’Anne Sylvestre Coquelicot et autres mots que j’aime, où la chanteuse raconte son histoire, ses souvenirs d’enfance, sa poésie et son amour de la nature à l’aide de ses mots préférés. Cahier, frangipane, soupe, eau, parfum, libellule etc…
Voici l’histoire touchante qui illustre le mot ours.

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Coquelicot et autres mots que j’aime d’Anne Sylvestre.
Editions Points, collection dirigée par Philippe Delerm.

Livre ouvert »

Parfois, lire un livre c’est avoir cette sensation qu’on a ouvert une cage, une porte, où les images s’envolent au fur et à mesure de la lecture.
Comme une envolée de papillons ou d’oiseaux, comme des idées libérées qui feront un courant d’air à nos yeux et sur nos joues, laissant une trace invisible mais tellement ancrée dans notre cœur.
Oui, la lecture c’est un peu comme libérer des idées.

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Et puis il y a ceux que l’on croise… »

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Une page écrite par Katherine Pancol dans Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.