Lever de soleil

C’est toujours avec émerveillement que j’assiste au spectacle du soleil qui se lève sur la colline d’en face. Un ballon incandescent qui semble s’amuser entre ciel et terre et s’en fout de savoir qu’on imagine qu’il pourrait rouler sur les reliefs en contre-jour.
Le retour de la lumière. La nature qui sort de l’ombre. La promesse d’un jour nouveau. Comme pour l’Homme, le jour après les ténèbres est le symbole de belles promesses, et on en a tant besoin !
Je vous souhaite une merveilleuse journée.


Notre-Dame, notre drame

Il y a quelques jours, je suis passé à côté de cette merveille en la suivant des yeux, parce qu’elle est si belle, mais sans m’arrêter. J’avais pensé y entrer mais il y avait un peu de monde sur le parvis. Juste un peu. Alors je me suis dit que j’aurai le temps plus tard, parce qu’elle est immortelle et qu’il est impossible qu’elle ne soit plus là un jour. Et puis j’ai suivi mon chemin. On sait pourtant qu’il faut prendre le temps, pendant qu’il est encore temps, alors pourquoi ne le fait-on pas ? Je voudrais presque m’excuser auprès d’elle d’avoir détourné le regard, de n’avoir pas regardé une fois encore son entrée majestueuse, ses sculptures, ses vitraux. Pardon. J’ai pourtant bien vu l’alignement des gargouilles et leurs drôles de postures en traversant la rue du Cloître Notre-Dame, mais si peu. Pardon. Pardon.
Ce matin, Notre-Dame brûlée se réveille sous la lumière du jour, meurtrie mais debout. La grande rosace est toujours là, sans doute a-t-elle changé de couleur avec les flammes. L’orgue aux 8000 tuyaux n’a pas disparu… Les œuvres d’art déplaçables ont été mises à l’abri (dont les tableaux de Le Nain) ainsi que les reliques du trésor, les 16 statues de cuivre représentant les 12 apôtres et les quatre évangélistes avaient été décrochées de la flèche pour être restaurées et ont ainsi échappé au sinistre. La Pietà monumentale commandée par Louis XIV est bel et bien là… Quand nous pourrons le faire, nous regarderons tout cela avec un regard neuf, comme quelque chose qu’on a failli perdre, avec attention, amour et tristesse mais heureux de les retrouver de nouveau, avec une émotion nouvelle. Peut-être est-ce une leçon ? Pour dire qu’il faut appréhender les choses pendant qu’elles sont sous nos yeux, rester attentif à la beauté, prendre le temps de regarder et d’aimer. Comme pour les êtres qui nous entourent et qui nous sont chers.

Notre-Dame en flamme

Notre-Dame s’en va en fumée ! Dire adieu, comment est-ce possible ? Chef-d’œuvre architectural avec tous ses trésors à l’intérieur qui a traversé notre Histoire, la révolution, la première et seconde guerre mondiale… Sa flèche vient de tomber… Le cœur de Paris s’effondre…
Les neufs cloches ont chacune un prénom, Marie, Gabriel, Anne
Geneviève, Denis, Marcel, Etienne, Benoît Joseph, Maurice et Jean Marie. C’est dans les flammes qu’elles pleurent… Elles aussi.

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !
Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

Gérard de Nerval

Lune

Elle sera pleine demain mais elle est imposante toute de même ce soir. Un trou dans le ciel, un tache d’eau de javel, une ostie exceptionnelle, un « oh » de surprise immatériel, un nid d’hirondelle dans une chinoise aquarelle, lune éternelle comme une chandelle, essentielle, belle… Je vous souhaite une nuit magique, en attendant… Nicolas et Primpenelle !

Cirque

Près de chez moi, une caravane fermée dans un pré. Un nom. Deux couleurs. Et tout un imaginaire s’ouvre à nous, comme une boîte à surprises, des souvenirs d’enfances, des bouches ouvertes et des yeux écarquillés, une petite main glissée dans une plus grande. Paillettes et rêve sucré, Barbe à papa et cacahuètes grillées, Clown Blanc contre Auguste au violon, tigres et lions avec lasso qui claque, maquillages et frac, écuyère en équilibre et vol d’acrobates, souffle retenu et cœur qui bat, musique et magie d’un autre monde, souvenirs imprimés comme les affiches colorées qui annoncent cette éclatante fabrique à images, pour demain, pour plus tard, pour toujours…
Un nom. Deux couleurs. Pour les rêveurs.