Aujourd’hui c’est mardi gras.
Ce soir, le carnaval de Venise prendra fin dans un feu d’artifice monumental en reflet sur la lagune.
Fin des festivités, de l’exubérance, des costumes multicolores, des loups, des masques, des regards voilés et des jeux de rôles…
J’avais posé devant mon objectif pour un projet de tableau qui n’a jamais vu le jour. J’avais imaginé une histoire de fin de carnaval vénitien. On entre un peu épuisé dans sa chambre ou celle de quelqu’un d’autre, on se déshabille, on se découvre mais pas entièrement, pas encore, en gardant un peu de mystère… Le masque est tombé, mais la réalité était-elle bien juste, ou bien le jeu continue ?
« Chacun voit ce que tu parais être, mais presque personne ne connaît ce que tu es. »
Nicolas Machiavel.
Parus dans Vogue, voici 3 autoportraits de la danseuse Sylvie Guillem. Février 2004.
« Depuis le début, je vais naturellement vers ce qui m’attire, à l’instinct. Au pire, je m’en contente, au mieux, je m’en émerveille. Je me fais confiance. Un train passe ? Je monte sans me poser la question de la durée du voyage. Je fais les choses comme elles se présentent. Et quand je ne veux plus que ça dure, ça ne dure pas. »
Diffusé hier sur Arte, ce premier des 3 volets sur « L’artiste et son autoportrait ».
Nous suivons ici Dürer, Velasquez, Vigée-Lebrun, Dalì et Warhol. Tous ces artistes ont en commun une vision idéalisée de lui-même. De quoi nous parlerons-nous dans les 2 prochains épisodes ?
Film de 26 minutes.
Se prendre pour une peinture, suite.
Après Ingres, voici que Saint-Sébastien m’inspire…
Je suis allé chercher du côté de la peinture italienne avec Guido Reni, Mantegna, Giovanni Antonio Bazzi, mais aussi chez Nicolas Regnier, Peter Paul Rubens, Camille Corot…
Le Saint-Sébastien n’est pas en manque dans l’histoire de l’art !
Planter le décor, prendre la pose, déclencher l’appareil, travailler le cliché…
Alex Stoddard est américain. Il est né le 15 novembre 1993, et ne cesse de se photographier.
Beau travail d’autoportrait qu’il nous donne à voir. Dans les décors naturels, son inspiration se décuple et nous donne à lire certaines pages de l’histoire de l’art.
Ce garçon de 17 ans serait-il un petit génie de la photographie ?
A vous de juger…
Se prendre pour une peinture, l’espace d’un instant…
Autoportrait inspiré par « La baigneuse, dite de Valpinçon »
de Jean-Auguste Dominique Ingres. Un tableau datant de 1808,
et qu’on peut voir au musée du Louvre.
Comme l’inspiration n’est toujours pas au rendez-vous côté peinture,
j’ai le temps de chercher et d’expérimenter du côté de la photographie et des autoportraits.
Voici trois clichés de la dernière série « au carton ».
Je me déballe et ça m’emballe.
Voici un petit livre traitant de l’autoportrait au XXe siècle.
Il se déplie page après page, tantôt dans la hauteur, tantôt dans la largeur.
On retrouve ici les artistes pour qui l’autoportrait a été important ou récurrent dans leur carrière : Van Gogh, Otto Dix, Pablo Picasso, Claude Cahun, Helene Schjerfbeck, Francis Bacon, Dalì et… Frida Kahlo !
On apprend que le mot « autoportrait » n’est entré dans le dictionnaire de la langue française qu’au XXe siècle, vers les années 50. Les artistes ont pourtant commencé dès le IVe siècle av.J.C à se portraiturer, et n’ont jamais cessé de le faire. Un genre à part ? Volontairement non reconnu ?
A noter que c’est un des rares sujets qui traverse les âges et les siècles, et qui a toujours été d’actualité dans l’histoire de l’art.
L’autoportrait est tout à la fois un moyen d’affirmation de soi en tant qu’artiste, l’occasion de montrer sa capacité à rendre la ressemblance, la meilleure façon de pouvoir disposer d’un modèle. Il est surtout un espace véritable de liberté pour celui qui regarde comme aucun autre. C’est pourquoi le genre n’a cessé tout au long du XXe siècle – siècle de l’invention de la psychanalyse et des remises en cause artistiques, siècle aussi des idéologies implacables – d’être un enjeu fondamental. Sur le plan esthétique et plastique. Face à l’histoire et à l’épreuve du temps. En termes d’identité, et d’interrogations de l’artiste sur lui-même et sa place dans la société. « Regardez-moi », disent les uns, « Mon œuvre c’est moi », disent les autres. Car ne se satisfaisant plus d’un portrait qui lui « ressemble », l’artiste lui a donné une nouvelle ambition : c’est à l’œuvre même que l’autoportrait doit ressembler, il doit en être l’emblème.
Autoportraits du XXe siècle (2004) Pascal Bonafoux
Contient 12 dépliants, 48 pages, 12 cm x 17 cm.
Collection Découvertes Gallimard Hors série, Gallimard. ISBN 2070313662
8, 50 €
Une nouvelle étude devant le miroir… Pour voir ce qu’il sortira de mes mains car je ne sais jamais à l’avance de quoi sera fait un autoportrait. Je ne sais pas ce que je vais trouver de l’autre côté du miroir, ni ce qu’il y a en moi exactement. Parfois je peux trouver de la tristesse alors que ne m’y attendait pas, ou de l’étonnement, une lumière dans les yeux…
Un exercice qui n’est pas fait pour se montrer mais pour se regarder soi-même, avec un autre regard. Voir ce qui change dans son visage, son corps. Regarder le temps qui fait son chemin, qui va marquer peu à peu cette peau et ce qu’il y a en-dessous. Regarder le temps, droit dans les yeux, sans avoir peur même si c’est redoutable.
Aujourd’hui, le support est un carton bleu, couleur qu’on retrouve brute sur les bords, le fond et le bas du ventre.
En peignant, je remarque les ombres et les volumes inhabituels au niveau du ventre et les quelques kilos à perdre ! Ne pas les cacher. Ne pas embellir. Un autoportrait doit être la vérité. Voilà le piège de cet exercice implacable et difficile puisque l’on est face à soi, avec les choses qu’on n’aime pas forcément voir. Je pensais peindre un portrait précis avec le corps juste esquissé. L’envie m’a pris, bien malgré moi, de peindre aussi le corps. Sans doute pour que je l’accepte. Peindre pour accepter les choses telles qu’elles sont. Peindre pour se voir réellement.
L’autoportrait, la vérité, sans état d’âme.
« On dit, et je le crois volontiers, qu’il est difficile de se connaitre soi-même, mais il n’est pas aisé non plus de se peindre soi-même. »
Vincent Van Gogh
A l’heure où sort dans plus de 500 salles de cinéma le film de Steven Spielberg « Le secret de la Licorne » en 3D, voici trois autoportraits du créateur de Tintin.
Une étude académique réalisée vers 1930, un dessin le représentant sous la cravache de son héros, et enfin voici Hergé abasourdi devant le succès que remportent ses créations (publié dans le journal de Tintin n° 16, 1957)
Dehors, Paris s’éveille mais il n’est pas cinq heures. La vie est déjà bruyante de l’autre côté des fenêtres de l’hôtel.
Douche du matin. Instant de paix et de sérénité. Solitude aquatique en pensant au programme de la journée, avant la foule et le rythme effréné de la capitale qu’on suit malgré soi.
Et puis l’esprit s’en va vagabonder vers d’autres horizons…
Les gouttelettes d’eau perlent sur la peau…
Ça respire le calme ici, juste le bruit de l’eau qui coule sur le carrelage. Mais dans un quart d’heure mes pas rejoindront les milliers d’autres qui courent sur le bitume de la ville.
Prolonger l’instant, encore un peu…
Dans le cadre du Festival Nouvelles Voix 2011, le théâtre de Villefranche et le photographe caladois Dominik Fusina lancent un appel aux habitants de la région pour participer à une exposition de photographies.
Le principe est simple : la vedette, c’est vous !
Vous êtes fan de Johnny Hallyday, Claude Nougaro, Mick Jagger, Madonna… Venez poser devant l’objectif de Dominik Fusina dans un studio aménagé Place des Arts, sous le kiosque, avec un objet, une tenue, une attitude, un symbole de votre idole.
Il a lui-même joué le jeu en se représentant en CharlElie Couture. Etonnant non ?
En cadeau, on vous offrira votre photo et une place pour la soirée du jeudi 17 nov à 20h30 au théâtre.
Qui : Tout public / Gratuit
Quand : mercredi 19, vendredi 21 et samedi 22 octobre 2011 de 12h à 18h30
Où : Kiosque Place des Arts / Villefranche sur Saône
Inscription : Théâtre de Villefranche
Exposition au théâtre et dans les lieux du festival des 25 meilleures photos. Inscription au théâtre dès maintenant.
Mardi soir, 23 heures. Envie de peindre un autoportrait.
Ça faisait longtemps que je n’en avais pas fait. Un exercice que j’essaie régulièrement, depuis toujours.
Essayer de se voir sans se regarder. S’observer sans se voir.
Ce soir là je suis fatigué, et c’est un ressenti qui sortira plutôt qu’une étude précise.
Un moment, un instant de vie. Comme une photographie prise avec un crayon et de la peinture.
Depuis l’installation de mon exposition au musée des civilisations de Saint-Rambert, je souffle enfin.
Plusieurs mois de travail, avec les dernières semaines plutôt intenses pour arriver à tout faire.
Depuis lundi, je respire, je suis libre, j’ai le temps… Non pas que mon travail me pesait, mais parce que je ne trouvais pas le temps de prendre mon temps.
J’ai rangé l’atelier. Les murs sont vides. C’est un peu triste un atelier vide. Plus de projets, plus d’effervescence, plus de vie. Mais comme je n’arrive pas à lâcher complètement les pinceaux, j’ai travaillé sur un tirage photo, un autoportrait fait il y a une dizaine d’année. Ce genre de travail me réjouit. Gratter, poncer, frotter, brûler, mouiller, coller, peindre et regratter, écrire, griffonner…
Envie de faire de la photo. Trouver un modèle.
Je remarque que je viens tout juste de dépasser le 1000 ème post sur ce blog ! Déjà !
Je vous souhaite à toutes et tous une belle journée, avec du soleil dedans.
Une photo trouvée sur le net. Qui peut inspirer une peinture. La pose alanguie, le décor dans l’obscurité, la belle lumière et ses contrastes…
Il s’avère que nous avons affaire à un autoportrait.
Après quelques échanges avec le photographe, il répondit à mes quelques interrogations : Qu’en est-il du titre caniculaire, ce qui l’a inspiré, pourquoi cette pose là, pourquoi le nu et quelle est l’histoire de cette photographie ?
Voici ce cliché et la réponse d’Eric Rosier qui joue habilement avec les initiales de son nom pour se surnommer Eros.
Autoportrait caniculaire
Juillet 2003
« Il régnait une température étouffante ce soir de juillet 2003 en Suisse. Nous étions en vacances à Vers-chez-les-blancs, près de Lausanne, dans la maison que des cousins nous avaient prêtée pendant leurs propres vacances. La température aidant, il faisait encore près de 30°C à 22h, j’avais décidé mon épouse à poser nue. Depuis toujours, je suis attiré par l’esthétique du nu féminin. C’est d’ailleurs ma principale inspiration dans ma modeste pratique du dessin et du modelage d’argile. En photographie, les occasions de pratiquer le nu sont plutôt rares. Les modèles que je photographie sont le plus souvent des collègues. Des séances photos en nu s’avèrent donc plutôt difficiles à envisager. Quant à mon épouse, elle n’est pas toujours disposée à poser en nu et souhaite conserver ces photos dans la sphère privée.
J’étais très inspiré par le décor et l’ambiance du salon de cette maison suisse. J’avais préparé mon matériel et la scène tandis que ma femme terminait sa douche. Comme j’étais prêt avant elle, je pris une photo de la scène « à vide ». C’est alors que j’ai eu l’idée de poser pour moi-même. Peu adepte de l’autoportrait, je m’y résigne parfois quand je suis seul et que je « tiens une scène » qui nécessite une présence humaine. L’approche artistique du nu masculin est plus délicate à réaliser que le nu féminin. Dans la plupart des poses, la femme garde une part de mystère que je trouve esthétiquement indispensable. Une photographie d’un homme de face peut facilement tomber dans le vulgaire. C’est ma perception et mon approche personnelle et certainement masculine du nu. Je me suis donc mis en scène de dos, allongé, en dissimulant le déclencheur souple sous les coussins et le tapis. Ainsi totalement anonyme, cet autoportrait caniculaire à l’ambiance inspirée par les peintures de grands maîtres, peut permettre à l’imaginaire de chaque homme de s’y identifier. »
« La reine du Leica ». Inconnue du grand public, Isle Bing a pourtant marqué son époque avec son œil neuf et novateur, tout comme l’ont fait Lee Miller, Dora Maar ou Bérénice Abbott.
Ilse Bing, allemande d’origine, commença par étudier les mathématiques et la physique à Francfort puis se tourna vers l’histoire de l’art. Elle acquit son Leica en 1929 et ne le quitta pas durant plus de 20 ans. Elle fréquenta les milieux artistiques d’avant-garde et se dirigera naturellement vers les thèmes proches de la Nouvelle Photographie et de la mouvance humaniste.
Elle a travaillé en Allemagne mais aussi dans le Paris d’avant et d’après-guerre et aux Etats-Unis où elle émigra en 1941. Elle se mit à la couleur en 1957 et elle s’arrêta en 1993, à la suite d’un accident de voiture.
Ilse Bing a publié dans de nombreux journaux prestigieux, Le Monde Illustré, Vogue et Harper’s Bazaar.
C’est en 1902, à l’âge de 21 ans que Pablo Picasso exécuta ce dessin.
Comme il était précoce, à bien des égards, il avait à cet âge réalisé un bon nombre de dessins et tableaux, académiques pour la plupart.
Ici, on sent que la plume se fait légère et plus personnelle, laissant présager le futur de l’artiste.
J’aime le trait apparemment maladroit mais précis à la fois, la main du premier plan, les cheveux en cascade sur le sein rond et la stylisation des poils sous les aisselles, les corps unis mais néanmoins séparés, l’endroit précis où le trait de la cuisse féminine rejoint le genou masculin, le crayonné des chairs qui donne un côté enfantin à ce sujet qui ne l’est guère, et le regard sombre de l’artiste qui est déjà loin, délaissant la femme et l’instant présent pour regarder vers son futur flamboyant…