Art Playmobil

Richard Unglik, photographe et cinéaste est né en même temps que Playmobil, dans les années 70. Après des études de photographie et de cinéma, il réalise quelques courts métrages et devient assistant-réalisateur pour le cinéma et la télévision. Passionné d’art, de cinéma et d’histoire, il rêve de réaliser de grandes fresques épiques. Il raconte : « Un matin en me levant, j’ai eu une image en tête : celle du Radeau de la Méduse avec des Playmobil. Puis rapidement, d’autres idées sont venues. Je me suis dit « Ah mais je peux aussi faire la Cène, la Joconde… » Bref, en une journée, j’avais déjà assez d’idées pour faire un livre. » Il imagine donc ce livre qui raconterait l’Histoire du monde et illustré par des figurines Playmobil. A la même époque, il découvre un nouvel outil de création artistique : le graphisme et la photo assistés par ordinateur. Une idée naissait et l’aventure commençait. Il a publié 3 livres à ce jour chez Casterman.
De Géricault, De Vinci, Vermeer, Gentileschi en passant par Manet, Delacroix, Velasquez, jusqu’à Kahlo, Hopper, Dali, Warhol et Hockney… voilà une petite balade amusante dans un musée imaginaire…

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Icônes en fils de lin

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Vladimir Denshchikov est ukrainien. En utilisant une technique de tissage appelée « macramé », il invente de magnifiques icônes religieuses entièrement constituées de fil de lin.
Né le 1 Juillet 1952 à Kiev, diplômé du théâtre universitaire de la ville, il voulait devenir acteur. D’abord directeur, puis directeur artistique de la Crimée Simferopol Maxim Gorki de l’académie de théâtre dramatique russe, Vladimir Denshchikov est depuis 2007 enseignant et directeur de l’Institut de la Culture Simferopol.

Son unique passe-temps est celui de réaliser ces icônes. Des réalisations délicates et minutieuses pour un incroyable travail artistique. Vladimir Denshchikov peint les visages et les mains de ses icônes, le reste étant réalisé avec du fil de lin finement tressé à la main, en milliers de nœuds.
Un merveilleux travail qui rend ainsi hommage à l’art russe et aux icônes orthodoxes.Vladimir Denshchikov_2

A suivre, ce petit reportage sur son travail…

« American Gothic »

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Voici les modèles du célèbre « American Gothic » qui posent devant cette œuvre, peinte par l’américain Grant Wood en 1930.

Le titre du tableau vient du style dit  » gothique américain  » du bâtiment en arrière-plan. En 1930, Grant Wood remarque la maison Dibble, située à Eldon dans l’Iowa, et décide de la choisir  » parce que le genre de personnes qu’il imaginait devrait vivre dans cette maison « .
Grant Wood a pris pour modèle sa sœur Nan (qui lui en voudra pour le résultat, et on la comprend !) et son dentiste. Celui-ci arbore une fourche, symbole d’hostilité ou de tradition.
Chaque élément a été peint indépendamment, les modèles ayant posé séparément et jamais devant la maison.
Wood commença à montrer sa peinture dans un concours à l’Institut d’art de Chicago. Les juges y virent une comic valentine (peinture romantique et comique) mais un mécène du Musée les  convaincra de lui accorder la médaille de bronze et 300 $, et que l’Institut achète le tableau (il s’y trouve encore aujourd’hui). L’image commença bientôt à être reproduite dans les journaux, d’abord par le Chicago Evening Post, mais après sa parution dans la Gazette de Cedar Rapids, les habitants de l’Iowa furent furieux d’être représentés « pincés, grimaçants, puritains fanatiques ». Une fermière a menacé l’artiste de lui arracher l’oreille avec les dents. Il a protesté qu’il n’avait pas peint une caricature des habitants de l’Iowa, mais une représentation des Américains en général.
Nan, apparemment gênée d’être représentée sous les traits d’une femme mariée à un homme de deux fois son âge, a commencé à expliquer qu’on voyait là un homme et sa fille.
Les critiques qui avaient une opinion favorable sur la peinture, comme Gertrude Stein et Christopher Morley, ont également supposé que la peinture se voulait une satire de la vie dans une petite ville rurale. Une autre interprétation y voit un portrait de deuil à l’ancienne mode. Les rideaux suspendus dans les fenêtres de la maison, à l’étage et en bas, sont fermés, une coutume de deuil de l’Amérique victorienne. La femme porte une robe noire sous son tablier et regarde au loin comme si elle retenait ses larmes.

Au départ destiné au public américain, ce tableau devient une icône mondiale et vit sa propre vie. C’est sans doute le tableau le plus détourné au monde.

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Ousmane Sow. Mort d’un géant africain

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Le sculpteur sénégalais nous a quitté ce matin, à l’âge de 81 ans.

Il travaillait la terre depuis l’enfance, mais c’est seulement à l’âge de cinquante ans qu’il fit de la sculpture son métier. La kinésithérapie qu’il exerça jusque-là n’est pas étrangère au sens sculptural de l’anatomie que l’on trouve dans son œuvre. Durant toutes ces premières années d’activité, il transforme la nuit son cabinet médical et ses appartements successifs en ateliers de sculpture, détruisant ou abandonnant derrière lui les œuvres qu’il crée.
Sculpteur de l’esprit et de la matière, il laisse derrière lui une œuvre considérable et puissante.

« Il y a au départ des déchets de colle altérée que je laisse macérer et que je mélange à une vingtaine de produits qui finissent par donner un produit onctueux et souple. À la base de la construction, il y a une armature en fer à béton que je recouvre avec une paille plastique imperméable, elle-même recouverte de toile de jute. C’est à partir de là que je travaille au relief musculaire. J’enveloppe ensuite l’ensemble dans un tissu que je recouvre d’argile. Mais l’argile n’est pas indispensable. Je l’utilise uniquement pour accrocher la lumière quand c’est trop lisse », confiait Ousmane Sow.

Sean Yoro

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Sean Yoro (alias Hula) est un artiste originaire de l’île d’Oahu, dans l’archipel de Hawaï, qui vit désormais à New-York. Il a passé toute son enfance au bord et sur l’océan pratiquant la planche à voile, ou le stand-up paddle. Il a grandi entouré de graffitis, de l’aquarelle et de l’art du tatouage et n’a pris son travail au sérieux qu’à l’âge de 21 ans lorsqu’il a commencé à peindre sur des corps humains. Par la suite, il eut l’idée de mêler son art avec sa passion, c’est-à-dire le street art au stand-up paddle. C’est ainsi, que flottant sur sa planche, il s’est mis à peindre des portraits de femmes réalistes émergents de l’eau, semblant posées sur la surface ou sortir des profondeurs. Si Hula aime dessiner au-dessus d’une ligne d’eau, c’est parce qu’il a un message à faire passer : il veut alerter le monde sur le réchauffement climatique et veut illustrer matériellement ce que signifie la montée des eaux pour frapper les esprits.
Sean Yoro privilégie les endroits abandonnés, seulement accessibles par l’eau. Mais rapidement les murs de la ville ne lui suffisent plus, alors il s’est attaqué aux parois des lacs, des barrages et des falaises. Désormais, c’est sur des icebergs qu’il déploie ses couleurs et ses portraits !
Un travail spectaculaire !

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Crédit photo : Hula

« Ceux de chez nous »

« Je rêvais d’une encyclopédie nouvelle… ». En 1915, Sacha Guitry a filmé « selon ses goûts » les plus grandes personnalités de son temps en réaction à une proclamation des intellectuels allemands exaltant la culture germanique. Il les capte « dans leurs attitudes les plus familières, c’est-à-dire au travail, chaque fois que cela fut possible ».
On y découvre Edgar Degas, Claude Monet, Auguste Renoir (et son jeune fils Claude Renoir), Octave Mirbeau, Auguste Rodin, Anatole France, Edmond Rostand, André Antoine, Sarah Bernhardt, Jane Faber, Camille Saint-Saëns…
La version muette de 1915 durait 22 minutes. Elle était destinée à être projetée accompagnée d’une « causerie familiale faite par l’auteur ». En 1939, Guitry en fit une version sonorisée, avec commentaire, dans laquelle il ajouta les plans de son père Lucien Guitry qui ne figuraient pas dans la version originale.  « Ceux de chez nous », la version finale remaniée en 1952 dure 44 minutes, avec des plans de Guitry dans son bureau, qui présente et commente les images.

Ce qui est intéressant dans les extraits ci-dessous, au-delà du fait que ces films datent tous de plus de 100 ans, c’est de découvrir les visages de Rodin, Renoir, Monet… chez eux, dans leurs ateliers ou dans la vie quotidienne. Chacun de ces films courts et muets ont quelque chose de magique car ils nous offrent le privilège d’assister à des instants révolus mais néanmoins éternels.

Profil

Petit cadeau du jour. J’ai reçu hier par la Poste mon profil en papier découpé signé Stéphanie Miguet. A présent, j’ai l’honneur de faire partie de sa série de silhouettes d’artistes.
La finesse du col de la chemise, les boutons du gilet et une entaille pour séparer les cheveux du visage… Des détails et de l’agilité qui démontre tout le talent de Stéphanie que je remercie de nouveau vivement.

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Kahlo, Van Gogh et Durer réunis pour cette publicité pour les appareils photo Samsung. Un excellent choix, évidemment, ces trois artistes ayant produit beaucoup d’autoportraits.
Une belle idée pour dire aussi qu’un « autoportrait » est fait avec un appareil photo tandis qu’il faut un téléphone portable pour prendre un « selfie ».

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Paula Modersohn-Becker. Autoportraits

Paula Modersohn-Becker (1876 – 1907), peintre allemande la plus précoce du mouvement expressionniste dans son pays. Elle rejoignit les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede près de Brême, qui prônaient un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie, et y épousa le peintre Otto Modersohn. Le manque d’audace de ces artistes la poussa rapidement à s’ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours réguliers à Paris auprès de l’avant-garde artistique.
Comme à cette époque les femmes n’avaient pas accès aux Beaux-Arts, elle suivit une formation auprès de l’Association des Artistes berlinoises, en 1896. Elle appréciait les peintres de la Renaissance allemande et italienne, en particulier Dûrer, Cranach, Holbein l’Ancien, le Titien, Botticelli et Léonard de Vinci. Son propre style tendait de plus en plus à la simplification des formes et des couleurs.
Arrivée à Paris le 31 décembre 1900, elle fut fascinée par l’œuvre de Paul Cézanne, alors inconnu, et fut la première artiste allemande à avoir perçu le talent révolutionnaire du peintre. Elle se lia d’amitié avec le poète Rainer Maria Rilke qui épousa son amie Clara Westhoff à laquelle elle écrira :  » Cézanne est l’un des trois ou quatre grandes maîtres qui eurent sur moi l’effet d’une tempête « .
Durant les quatorze années durant lesquelles elle exerça son art, elle réalisera 750 toiles, 13 estampes et environ un millier de dessins. Son style se nourrit d’influences multiples comme l’impressionnisme de Cézanne, Van Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme et le mouvement Nabi, l’art japonais ou la Renaissance allemande. Elle inaugura l’autoportrait entièrement nu allant à l’encontre des conventions artistiques de l’époque. Elle travailla également les natures mortes, les paysages, les portraits d’adultes ou d’enfant évoquant la vie paysanne. Elle a suivi le chemin qui menait vers l’art contemporain pour aller à la recherche de l’essence même des choses mais se heurtera à une incompréhension générale. Elle mourut à 31 ans des suites d’un accouchement. On connait peu cette artiste, à part dans les pays germanophones. Il existe un Musée Paula Modersohn-Becker où l’on peut découvrir son travail, à Brême.
A sa mort Rainer Maria Rilke lui rendra hommage dans  » Requiem pour une amie « .

Autoportrait. 1906

 

« Autoportrait à mon 6eme anniversaire de mariage. » 1906