Une artiste chinoise censurée

Vous pensez que cela se passe en Chine ? Et bien non, c’est en France, à Paris, Ecole des Beaux-Arts.
Ko Siu Lan est une jeune artiste qui travaille sur le slogan, le signe,  l’idéogramme chinois…
Elle a installé mercredi sur la façade des Beaux-Arts 4 bannières avec écrit « TRAVAILLER », « MOINS », « GAGNER », « PLUS ». Ces 4 mots vous appelle sans doute une phrase devenue célèbre… C’est justement cela qui fâche les autorités !
Le jour même, l’école a décidé de décrocher l’installation de sa façade.
« Travail trop explosif pour rester in situ, certains membres de l’école et des personnes du ministère de l’Education s’en offusquaient déjà« , lui a-t-on dit !

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«Je viens de Chine. Je ne peux pas croire que cela m’est arrivé en France. C’est une censure très brutale, sans discussion», déclare l’artiste. « Cet incident reflète bien le climat de peur politique dès qu’on touche à Sarkozy en France, et à quel point la liberté d’expression est bafouée dès que des intérêts économiques sont en jeu »

Performeuse engagée, Ko Siu Lan se recouvre de sang lors des commémorations de Tian’anmen, ayant longtemps travaillé au Tibet pour des ONG, elle fait voyager dans le monde entier des performances sur le sort des Tibétains. Ko Siu Lan a étudié plusieurs années en France avant de retourner en Chine. Elle participe à l’exposition intitulée «Seven Day Week end de sept jours», qui présente à partir de samedi les œuvres d’étudiants du programme de recherche «La Seine» associant trois écoles.

Ko Siu Lan demande simplement que son œuvre soit raccrochée avant le vernissage de l’exposition, samedi, et fera appel à la justice si tel n’est pas le cas.

Espérons qu’elle gagne ce combat. Liberté, Liberté…

Pour découvrir le travail de l’artiste, voici son site : ICI

La Montagne du Salut de Léonard Knight

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Tout au long du film « Into the wild », dont je parlais dans le précédent post, nous allons de rencontre en rencontre, parfois dans des lieux désertés, au milieu de nulle part.
Quelle surprise de voir la « Montagne du Salut », située en plein désert Mojave, et d’en faire la visite avec son auteur, Leonard Knight ! On la trouve dans presque tous les livres parlant de bâtisseurs de l’imaginaire comme le Palais idéal du Facteur Cheval, la Maison Picassiette, le site de Robert Tatin, le Jardin de Pierres de Neck Chand, les rochers sculptés de Rothéneuf, le Jardin des Tarots de Niki de Saint-Phalle etc…

Leonard Knight, est né en 1931. Il tenta un jour de fabriquer une gigantesque montgolfière portant l’inscription « Dieu est amour ». 5 années de travail à coudre le ballon qui atteindra 100 mètres de hauteur et qu’il ne parviendra pas à faire voler.
En 1986, il posa sa petite maison sur le toit de sa camionnette et quitta le Nebraska pour aller dans le désert Mojave tenter une nouvelle ascension. Nouvel échec !
Il décide alors d’ériger une montagne à la gloire de Dieu, construite sur une crête à l’aide de ciment et de matériaux de récupération. Elle s’étale bientôt sur plusieurs hectares de terrain et sera peinte avec des centaines de litres de peinture qu’on lui offre. Il est écrit en gros, au milieu de cette végétation au mille couleurs, « Dieu est amour ». Mais Dieu parfois n’entend pas, et un jour mauvais, la montagne s’effondre. 3 années de dur labeur réduit en miettes…
Léonard reprend le travail en remplaçant le ciment par de la brique, matière plus légère. Mais en 1994, les autorités locales décident de détruire le site, jugé trop polluant. Knight se bat, avec l’aide de ses amis et des centaines d’admirateurs de son œuvre, et parvient à ce qu’on ne touche pas à sa montagne sacrée.
Aujourd’hui, ce sont des visiteurs du monde entier qui viennent le voir travailler. Le site est immense et s’étale de plus en plus, au fur et à mesure que le temps passe…

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Vol de l’Olympia

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Un tableau de René Magritte a été volé à 10 heures ce matin dans le musée consacré au surréaliste belge, situé au n°135 de la rue Esseghem à Jette. « L’Olympia », un nu représentant Georgette Magritte sur fond de paysage de bord de mer et coquillage…
Les membres du musée ainsi que deux touristes ont été braqués par deux personnes armées. Les auteurs de ce vol ont pris la fuite à pied avant d’embarquer dans une voiture, le tableau sous le bras. L’œuvre étant estimée entre 3 et 4 millions d’euros, on peut s’attendre à une demande de rançon…
Le couple Magritte fut domicilié à l’adresse du musée, de 1930 à 1954. Le peintre y réalisa la moitié de ses oeuvres, soit environ 800 tableaux, gouaches et dessins. La majeure partie du mobilier inclus dans les appartements ont appartenu au couple Magritte (piano, meubles de la chambre à coucher, etc…) Ce musée renferme également une collection permanente de documents biographiques concernant le peintre.

Pour reprendre une célèbre formule, je dirais que « Ceci n’est pas un hold-up ! »

L’endormi

Bien que n’étant pas très fan du travail de dessin de Jean Cocteau, j’aime beaucoup sa série sur les garçons endormis.
Le trait est simple et va à l’essentiel…
Ici, nous retrouvons Raymond Radiguet, pour qui Cocteau écrivit : « Il est une plante qui parle, en quelque sorte. Dans Le Diable au corps, cette plante raconte le mystère de ses racines. Dans Le Bal du Comte d’Orgel, cette plante donne sa fleur, et son parfum est parole. »

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Jeanne Hebuterne

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A l’âge de neuf ans, Amedeo Modigliani est atteint de pleurésie. Pour y échapper, il ne cessera sa vie durant de se noyer dans l’alcool et la drogue. Cette vie dissolue et cette lutte continue contre la maladie influencent son art. Ses peintures, en particulier ses portraits, portent la marque de la mélancolie et du tourment.

Jeanne par Modigiani

En 1917, une jeune femme de bonne famille, Jeanne Hébuterne, 19 ans, entre dans la vie d’Amedeo Modigliani et tombe sous le charme du peintre alors âgé de 33 ans. Amour fou!
Artiste prometteuse de l’école d’art où elle étudie, l’influence de Modigliani sur son travail est indéniable mais les quelques toiles de Jeanne (longtemps cachées au public et retrouvées en 2002 dans l’atelier de son frère) témoignent tout de même d’une identité propre.
Elle devient rapidement le modèle favori de Modigliani.
Contre l’avis de son père aux mœurs austères, elle s’installe dans l’atelier du peintre à Montparnasse, et se consacre à la peinture mais aussi à la photographie, à la confection de bijoux et de vêtements.
Un bébé arrive très tôt dans leur histoire, en novembre 1918. Jeanne
commence à s’effacer, et sacrifie ses envies créatrices pour remplir son rôle de mère.
Mais la famille bourgeoise et catholique de Jeanne la renie du
fait de sa relation avec le peintre qui n’est pour eux qu’un pauvre
débauché, juif de surcroît.

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L’état de santé de Modigliani ne cesse de s’aggraver. Le 24 janvier 1920, une méningite tuberculeuse l’emporte à l’âge de 36 ans.
Jeanne, à nouveau enceinte, se retrouve seule, démunie et désespérée. Elle retourne chez ses parents, les suppliant de l’aider, mais ces derniers ne veulent plus d’elle et encore moins des deux rejetons. Ils refusent, par haine, de garder pendant 24 heures la dépouille du peintre.

Le lendemain matin, Jeanne Hébuterne se jette par la fenêtre du 5ème étage de l’appartement de ses parents et quitte ainsi un monde qu’elle aura peu connu. Elle a 22 ans.

Modigliani est enterré en grande pompe au cimetière du Père-Lachaise le 27 janvier, entouré de nombreux amis, tandis que Jeanne est mise en terre à Bagneux.
Il faudra attendre une dizaine d’années pour qu’elle soit inhumée à côté du peintre. Deux amoureux réunis à présent pour l’éternité…

Tombe au cimetière du Père Lachaise
Tombe au cimetière du Père Lachaise

J’ai cherché longtemps cette tombe au Père Lachaise, et quand j’y suis parvenu, il y avait là deux fleurs. Une tulipe rouge, symbole de la déclaration d’amour et de la passion, et la fragile violette symbole de modestie, d’humilité ou d’amour secret.

On peut voir le film « Modigliani » (sorti en 2004), quelque peu romancé, sur la vie du peintre avec Andy Garcia dans le rôle de Modigliani et Elsa Zylberstein dans le rôle de Jeanne Hebuterne. Mais l’ambiance de l’époque est très bien décrite, avec de belles lumières, on entend dans la bouche de l’acteur des citations du peintre et la passion amoureuse est bien là.

Le mystère Picasso

1956. Henri-Georges Clouzot filme Picasso en train de peindre sur du papier transparent, avec des plans-séquence en caméra fixe. Cette caméra placée devant le chevalet sur lequel est tendu le papier, capte le cheminement de la pensée créatrice du peintre.
Fascinant de voir l’œuvre se faire sous nos yeux, avec les doutes, les hésitations, les erreurs et finalement le résultat final souvent inattendu.
Petit extrait de ce film de 80 minutes :