Banksy autodétruit

Si vous avez vu le tableau du mystérieux Banksy s’autodétruire après sa vente aux enchères chez Sotheby’s ce vendredi (1,2 millions d’euros), vous serez amusé par les détournements que cette affaire va susciter.
Désormais, les ventes aux enchères ne seront pas vues de la même manière et de nombreuses interrogations vont s’imposer désormais.

Voici les images de cette vente spectaculaire, filmées par un inconnu ?

Constance Quéniaux

Constance Quéniaux photographiée par Nadar en 1861./BnF/Département des estampes et de la photographie

Si son nom ne vous dit rien, son visage non plus, mais vous connaissez forcément l’intimité de cette femme. En effet, cette ancienne danseuse de l’Opéra fut le modèle de « L’origine du monde » peint par Gustave Courbet en 1866. Constance Quéniaux aujourd’hui dévoilée, mais dans l’autre sens !
Claude Schopp, qui révèle son identité, n’est pas spécialiste de Courbet mais de l’écrivain Alexandre Dumas. C’est en travaillant sur la correspondance d’Alexandre Dumas fils et de George Sand que le chercheur est tombé sur le nom de Constance Quéniaux. Dans une lettre, l’auteur de « La dame aux camélias », hostile à la Commune que soutenait Courbet se moque de l’artiste d’un bord politique différent du sien :
« On ne peint pas de son pinceau le plus délicat et le plus sonore interview de Mlle Queniault (sic) de l’Opéra », écrit-il. Devant cette phrase incompréhensible, Claude Schopp confronte cette transcription au manuscrit original conservé à la Bibliothèque nationale de France. Et là, tout s’éclaire car ce n’est pas « interview » qu’il fallait lire mais « intérieur ». Dumas fils se moquait ici de la propension de Courbet à peindre un sexe en gros plan.

© BnF/Département des estampes et de la photographie. Constance Quéniaux photographiée par Disdéri.

En 1866, Constance Quéniaux avait 34 ans, ne dansait plus à l’Opéra depuis plusieurs années et était devenue l’une des maîtresses de Khalil-Bey, diplomate de l’empire ottoman menant grand train à Paris, et le premier propriétaire du tableau. Un chef-d’oeuvre qui passa de main en main, notamment dans celles du psychanalyste Jacques Lacan, qui le posséda longtemps et le cachait derrière une œuvre d’André Masson, avant de devenir la propriété de l’Etat et du musée d’Orsay, où il s’expose depuis 1995.

Après 152 ans de mystères, de rumeurs, de fantasmes et de fausses pistes, on pourra découvrir le portrait de Constance Quéniaux lors d’une exposition, présentée par la Bibliothèque Nationale de France, consacrée à Nadar, à partir du 16 octobre.
Elle fut le modèle de « L’Origine du monde », mais peut-être est-elle aussi la Dame aux Camélias ?
Claude Schopp publiera un livre le 4 octobre intitulé « L’Origine du monde, vie du modèle » (Editions Phébus)

Kupka

Le parcours d’une vie artistique résumé en trois tableaux… Un raccourci spectaculaire !
Une rétrospective consacrée à František Kupka retrace ses débuts marqués par le symbolisme et son évolution progressive vers l’abstraction dont il sera l’un des pionniers.
Grand Palais, Paris. Jusqu’au 30 juillet 2018.

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« Bacchus adolescent » en trois détails

Il y a quelques jours, un séjour en Italie m’a permis de retourner à Florence et au musée des Offices où l’on peut trouver un concentré de toute la peinture italienne. Parmi les merveilles exposées, on peut voir le célèbre « Bacchus couronné de pampres » ou « Bacchus adolescent » du Caravage. A voir de très près, les détails se révèlent et l’on peut découvrir des pointes de blanc sur le bord des paupières inférieures, qui font frissonner le regard et les pupilles ovales, des ongles sales pour rappeler le travail de la terre et puis une silhouette dans la bouteille de vin qui n’est autre que l’artiste lui-même. Autoportrait caché dans un breuvage rouge, couleur du sang et le passion, et quand on connait la vie du peintre, amoureux et assassin, on se demande si c’est le fruit du hasard ?

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Salvador Mundi

Le dernier tableau peint par Léonard de Vinci, « Salvator Mundi », a été adjugé 450,3 millions de dollars chez Christie’s à New York ce mercredi 15 novembre, pulvérisant ainsi le record de la toile la plus chère du monde.
La maison d’enchères avait estimé à 100 millions de dollars la valeur de cette toile de 65 cm x 45 cm, vendue pour 45 livres seulement en 1958, bien avant qu’elle n’ait été reconnue comme un authentique « Leonardo », en 2005. Le tableau était jusqu’ici propriété du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev.

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« People Matching Artworks »

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« People Matching Artworks », que l’on pourrait traduire par « ces gens assortis aux œuvres d’art » est une série du photographe Stefan Draschan. Elle consiste à montrer des personnes qui, par leurs vêtements, attitudes ou physiques, se confondent avec l’œuvre d’art qu’ils admirent. Une collection que Stefan Draschan alimente au gré de ses visites dans les musées de Paris, Vienne et Berlin.
Ces photographies ne sont aucunement mises en scène, le photographe pouvant rester des heures à étudier son environnement pour trouver la meilleure correspondance possible entre une œuvre et la personne qui l’admire. Un incroyable travail de patience. Ces gens là sont-ils conscients de la situation et de leur ressemblance avec les œuvres d’art ?

« Cela ressemble à un jeu conceptuel génial pour les sombres et ennuyeux dimanches », explique Stephen Draschen.

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Pour voir le site de Stefan Draschan, c’est  ICI
(Il faut cliquer sur le lien en dessous de chaque photo pour voir la série choisie)

Disparition de Jacques Truphémus

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Disparition du peintre lyonnais Jacques Truphémus (25 octobre 1922 / 8 septembre 2017) Celui qui m’a fait aimer la nature morte que je trouvais trop froide avant de connaitre son travail sur la couleur et la matière.
Le peintre Balthus le considérait comme l’un des plus grands peintres français. Dans une lettre qu’il lui adressait en 1986, Balthus déclarait à Truphémus : “Vous appartenez à une espèce en voie de disparition ! Vous voyez en peintre. Et vous vivez à travers votre peinture. Vous appartenez à la lignée de Morandi et certains de vos paysages me font penser à Giacometti – tout en étant essentiellement Truphémus – c’est-à-dire unique. »
J’en avais parlé ICI lors de sa rétrospective de Lyon.

Art Playmobil

Richard Unglik, photographe et cinéaste est né en même temps que Playmobil, dans les années 70. Après des études de photographie et de cinéma, il réalise quelques courts métrages et devient assistant-réalisateur pour le cinéma et la télévision. Passionné d’art, de cinéma et d’histoire, il rêve de réaliser de grandes fresques épiques. Il raconte : « Un matin en me levant, j’ai eu une image en tête : celle du Radeau de la Méduse avec des Playmobil. Puis rapidement, d’autres idées sont venues. Je me suis dit « Ah mais je peux aussi faire la Cène, la Joconde… » Bref, en une journée, j’avais déjà assez d’idées pour faire un livre. » Il imagine donc ce livre qui raconterait l’Histoire du monde et illustré par des figurines Playmobil. A la même époque, il découvre un nouvel outil de création artistique : le graphisme et la photo assistés par ordinateur. Une idée naissait et l’aventure commençait. Il a publié 3 livres à ce jour chez Casterman.
De Géricault, De Vinci, Vermeer, Gentileschi en passant par Manet, Delacroix, Velasquez, jusqu’à Kahlo, Hopper, Dali, Warhol et Hockney… voilà une petite balade amusante dans un musée imaginaire…

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Icônes en fils de lin

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Vladimir Denshchikov est ukrainien. En utilisant une technique de tissage appelée « macramé », il invente de magnifiques icônes religieuses entièrement constituées de fil de lin.
Né le 1 Juillet 1952 à Kiev, diplômé du théâtre universitaire de la ville, il voulait devenir acteur. D’abord directeur, puis directeur artistique de la Crimée Simferopol Maxim Gorki de l’académie de théâtre dramatique russe, Vladimir Denshchikov est depuis 2007 enseignant et directeur de l’Institut de la Culture Simferopol.

Son unique passe-temps est celui de réaliser ces icônes. Des réalisations délicates et minutieuses pour un incroyable travail artistique. Vladimir Denshchikov peint les visages et les mains de ses icônes, le reste étant réalisé avec du fil de lin finement tressé à la main, en milliers de nœuds.
Un merveilleux travail qui rend ainsi hommage à l’art russe et aux icônes orthodoxes.Vladimir Denshchikov_2

A suivre, ce petit reportage sur son travail…