Léon Bonnat. Autoportraits

Léon Bonnat, peintre français (Bayonne 1833 / Monchy-Saint-Éloi 1922)
Une suite d’autoportraits, de 17 à 62 ans… Un physique qui évolue autant que sa peinture.

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Autoportrait de l’artiste à 17 ans. 1840 Musée Bonnat à Bayonne
Autoportrait, 1855. Musée d’Orsay Paris

 

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Autoportrait, 1856. Musée d’Orsay Paris.
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Autoportrait. 1895

Bonnat fut d’abord élève de Madrazzo, à Madrid, où habitaient ses parents, puis de Cogniet, à Paris. Il n’obtint que le deuxième prix de Rome, en 1857, mais grâce aux subsides alloués par sa ville natale, il séjourna trois années durant auprès des pensionnaires de la Villa Médicis. Il en rapporta des études prises sur le motif d’une spontanéité et d’une liberté d’exécution que le peintre  » arrivé  » ne connaîtra plus (musée de Bayonne). Bien qu’il y ait étudié les peintres de la Renaissance italienne, c’est l’influence des peintres espagnols qui l’emporta sur son art, et plus précisément celle de Ribera, qu’il démarqua dans ses œuvres religieuses : le Rachat des galériens par saint Vincent de Paul (1865, Paris, église Saint-Nicolas-des-Champs), Job (1880, musée de Bayonne), et dans ces décorations murales, Martyre de saint Denis (1885, Panthéon). Cependant, l’immense réputation de l’artiste auprès de ses contemporains découla de son talent de portraitiste, et, hormis une période brillante mais brève où il sacrifia à l’orientalisme à la suite d’un voyage en Égypte, en Palestine et en Turquie (Chez le barbier oriental, 1872, Moscou, musée des Beaux-Arts-Pouchkine), il se consacra à la représentation des personnalités de son temps. À trente-cinq ans, il était déjà célèbre ; l’impératrice Eugénie l’honorait de sa protection, puis la IIIe République le haussa au faîte de la gloire. Ce fut alors la longue série de ses portraits, parfois solennels et conventionnels, mais si représentatifs d’un aspect de la société de l’époque, et qui ont une valeur de témoignage. Posèrent devant lui les femmes du monde les plus recherchées, Madame Pasca (1874, Paris, musée d’Orsay), Madame Stern (1879, musée de Bayonne), la Comtesse Potocka (1880, id.), Madame Cahen d’Anvers (1891, id.), et combien de célébrités dont les traits sont dorénavant liés pour nous à l’image qu’il en donna, Thiers (1877, musée de Bayonne), Victor Hugo (1879, Versailles), le Cardinal Lavigerie (1888, id.) ou Renan (1892, musée de Tréguier). La qualité de ses toiles est irrégulière, le bitume en a souvent assombri la tonalité ; malgré cela, il en émane une certaine grandeur due à la rigueur de son style et à sa science du clair-obscur. En dépit de son académisme et d’un métier exercé dans une tradition figée, il était lié d’amitié avec des artistes d’avant-garde, tels Manet et surtout Degas. La fortune considérable qu’il sut édifier lui permit de rassembler une des plus importantes collections de son temps, antiquité, sculptures, peintures et plus de 2 000 dessins, maintenant partagés entre le Louvre et le musée de Bayonne, qu’il créa avant d’en faire son légataire universel. Les admirateurs d’Ingres, de Géricault et de Delacroix y trouvent des séries d’œuvres majeures essentielles à l’histoire de ces maîtres.

Article extrait de l’ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

 

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