Category: Photographie

Spencer Tunick à Aurillac »

Voici un nouveau reportage sur la performance dont je parlais il y a quelques jours ici. Spencer Tunick à Aurillac.
7 heures du matin. L’air est frais, l’herbe est humide et les yeux embrumés.
Les ordres au mégaphone, les appareils photos de la presse qui crépitent, les assistants en jaune qui s’agitent et nous qui nous laissons aller… Champignons humains se laissant guider par un photographe en pleine création.

J’ai posé nu pour Spencer Tunick ! »

Je n’aime pas être nu devant du monde et je crains la foule. Alors qu’est-ce qui m’a poussé à me dénuder parmi 700 personnes ce 20 août à Aurillac ?
La réponse ? Spencer Tunick. Faire partie de son œuvre, aussi petite que soit ma participation. Pour le photographe que j’admire, pour son art.
Le festival de théâtre de rue d’Aurillac fête ses 25 ans d’existence et pour l’occasion, les organisateurs ont invité le photographe pour une de ses fameuses performances. Je me suis inscrit 10 jours auparavant et je reçois une convocation 3 jours avant de partir pour Aurillac. Le rendez-vous aura lieu à 5h15 du matin, c’est tout ce que je sais. Tout reste secret, rien de doit être dévoilé, du lieu, de la photo ni du nombres de participants. Une seule information a circulé, il y aura des parapluies, en hommage à René Magritte. Bel accessoire ! Ça promet d’être beau tous ces parapluies, déployés ou non…

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Jeudi 19 août. Je reçois un SMS à 23 heures avec les informations pratiques. Un bus nous attendra parking P1 pour nous emmener sur le lieu secret.
Vendredi 20 août. Le réveil sonne à 3h50 ce matin. Appréhension mais délicieuse inquiétude. A 5h15 je suis bien sur le parking P1, il y a là un bus avec une étrange destination qui clignote dans la nuit : SPENCER TUNICK ! On nous débarque après un petit quart d’heure de route dans la ville endormie. Une masse humaine se déplace silencieusement, venue de toute part. Il y a là des festivaliers qui ne se sont pas couchés, encore imbibés d’alcool, qui chahutent un peu, et d’autres qui viennent tout juste de se réveiller…
On grimpe sur un chemin goudronné, puis on attend. On fait la queue pour signer un papier cédant un droit à l’image, la notre. Photo et vidéo comprises et on “assume tous les risques de dangers liés à cet évènement d’art”. Soit ! Je donne mon papier à l’une des dizaines de personnes assises derrière des tables alignées. Il y a là un micro de France Inter. On fournit un sac plastique blanc à ceux qui n’ont rien pris pour mettre leurs vêtements , j’avais pour ma part apporté un sac de sport. On prend au passage un parapluie noir et on remonte cette petite rue jusqu’aux champs qui bordent Aurillac.
Dans l’obscurité on devine l’échafaudage du photographe, monté tout en haut du pré. J’imagine déjà la photo prise dans cette herbe avec la ville en fond, mais dans quelles positions va-t-il nous faire poser ? Serons-nous allongés ? Debout ?
On attend que le jour se lève… Les plus jeunes ricanent, friment un peu le torse nu, fument et finissent leurs bières, allongés sur le sol. D’autres grignotent.
On vient enfin nous parler, ce n’est pas trop tôt ! C’est dans un mégaphone éraillé qu’on nous donne les premières consignes et qu’on nous remercie de notre présence. Au signalement, on grimpe donc en haut du terrain un peu accidenté, en slalomant entre les bouses de vaches. Il y a là un groupe de journalistes armés de caméras et de télé-objectifs sur pieds, parqués dans un espace bien déterminé.
Au sommet nous attendent les lettres de l’alphabet piquées au sol, un repère pour nos effets personnels. Je choisis le K qui se trouve un peu au milieu dans un creux avec des arbres à l’arrière qui me plaisent bien. Attente. Un coq chante au loin, la nature est belle… Ça sent bon.
Le mégaphone nous annonce l’arrivée de Spencer Tunick qui se fait rapidement, sous les applaudissements des fidèles, et nous traduit chacune de ses paroles :
“Je suis heureux de ne pas avoir à chanter sous la pluie.  Je ne veux pas seulement que vous preniez du bon temps, mais que vous ayez conscience de participer à un travail artistique”.
Il nous explique une à une les prises de vue qu’il a préparé et les poses que nous devrons prendre. Les hommes, les femmes, les parapluies… Pas de bagues, pas de colliers, pas de bracelets, pas de montres, pas de chaussettes, pas de sourires aux lèvres, et on doit respecter les indications du chef. Les gens tatoués et ceux qui ont des traces de maillot de bain se placeront au fond. Il nous présente un à un ses assistants pour la photo, vidéo et organisation. Applaudissements général.
Disciplinés, nous regagnons notre lettre alphabétique et attendons le signal pour nous dévêtir. Il est 7 heures du matin.
Le mégaphone crie alors “Déshabillez-vous !” Ça y est ! On se met à nu très rapidement comme il était demandé, on s’arme de nos parapluies déployés et en avant ! Je fais le vide dans ma tête, je ne pense à rien. Ça ricane un peu, mais rapidement les regards se font complices et le silence s’installe. Là, une vision surréaliste s’offre à mes yeux ! Il n’y a plus de ciel, mais un nuage noir au-dessus de ma tête, 700 corps rosés en dessous et le vert de l’herbe que nous foulons, c’est d’une beauté irréelle ! Graphique. Quel spectacle magnifique pour nos yeux et ceux de Spencer Tunick ! Quelle belle idée ! Que c’est beau ! J’en tremble d’émotion…
Et quelle sensation étrange de se retrouver nu dans la rosée du matin, un parapluie ouvert, parmi tous ces gens inconnus ! Unique.

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Photographie Jean-Pierre Thibaudat

L’armée de Mary Poppins se déplace au ralenti. On zigzague sur ce terrain en pente, entre bouses de vaches et chardons, pour trouver notre place dans le pré. Il nous faut le recouvrir en entier, entre 2 cordons noirs tendus aux extrémités. “Bouchez les trous !” crie le mégaphone. On bouge, les assistantes nous déplacent un peu. J’entends le crépitement des déclencheurs des appareils photos de la presse sur ma droite. Je me protège à l’aide de mon parapluie, tant que la séance n’a pas commencé. Il fait un peu froid, le soleil n’est toujours pas là et la rosée du matin perle sur mes orteils. Pas de soleil, car Spencer Tunick ne veut aucune ombre portée sur le sol, pour mettre les parapluies noirs en valeurs, sans doute. Les assistantes courent, la photographe officielle photographie, les journalistes parqués mitraillent, et nous, nous restons là, nus avec notre parapluie à la main. Des riverains dans la maison d’en face sortent sur leur balcon, et prennent aussi des photos. On leur demande de rentrer chez eux. Je me sens un peu comme un animal piégé.

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Photographie Jean-Pierre Thibaudat

Nous voici en place. Une première photo avec les parapluies sur notre tête. “Regardez le sol, Spencer ne doit pas voir vos têtes !” hurle le cône métallique.
Deuxième photo de dos, puis troisième avec le parapluie au bout d’un bras tendu à la verticale, puis tendu à l’horizontal. Remerciements.
On ordonne aux femmes de quitter le pré, pour une autre installation dans la ville. Nous, on reste là. Ordre de s’allonger sur l’herbe qui pique, un parapluie sur deux ouvert. “Beautiful, guys !” lance le photographe, il doit être content.
J’ai hâte de voir le résultat. Un cliché grand format sera exposé sur la façade de l’Hôtel de ville demain.
Remerciements ultimes, on a déjà terminé. On replie nos parapluies à l’instant même où le soleil apparait derrière la colline, puis on remonte le pré pour rejoindre nos vêtements. Tout ce petit monde redescend vers la ville, un peu grisé par cette aventure hors du commun. Il est 8h30.
Aurillac se réveille à peine, le festival dort encore.

Voici un lien sur le reportage de France 3 : ICI

Le lendemain, rendez-vous place de l’Hôtel de Ville où le cliché est bien là, accroché sur la façade. C’est une photo de l’assistante de Spencer Tunick, mais pas la photo officielle.
Repérage… Oui, je suis bien là. Heureux et fier de faire partie de l’œuvre de Spencer Tunick.
J’imagine déjà de nouveaux sujets pour mes prochains tableaux, et peindre une nouvelle fois un hommage au travail du photographe, comme je l’avais fait après sa venue à Lyon. (Voir le post : ICI)

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Spencer Tunick est présent sur la place, accessible et disponible. Je me lance dans un anglais approximatif pour lui dire combien j’aime son travail et celui-ci en particulier.

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Oui, je recommencerai si d’aventure il venait une quatrième fois en France…
Je me lèverai aux aurores, me dévêtirai, me laisserai guider et surprendre de nouveau, imperturbable, sans pudeur et sans entraves en suivant inlassablement les délires et la marche de l’Empereur Tunick.

Garçon modèle »

Voudrais-tu poser devant mon objectif pour moi un jour ?”
Le grand “non” qui s’imposa à moi immédiatement fit place peu à peu à un “peut-être”. Après réflexion vint un “pourquoi pas”, puis un “oui”. Comme un défi à relever, car il est difficile pour moi de poser.
Les questions pleuvent alors. Comment poser ? Comment se comporter ? Sourire, être sérieux ? Regarder ou non l’objectif ? Comment avoir l’air naturel, et pas d’un idiot ? Quelles poses, quelles attitudes ? Si l’appareil ne m’aime pas, si je ne suis pas à la hauteur de l’attente du photographe…
Je décide alors de me laisser porter par Lafabe. Au diable ces questions encombrantes ! Parce que j’aime son travail, sa vision des choses et des êtres, son œil, ses cadrages si particuliers, ses couleurs surannées, et sa série “Pastel Time” pour laquelle les photos seront faites.
Plusieurs séances s’enchainèrent en 1 an : Série faussement endormi dans un lit de draps bleus, nu dans le même lit aux draps rouges, série Baroque Vénitien avec un costume créé pour le carnaval, ou alors dans la nature…
Le résultat fut étonnant à chaque fois. Surpris par les cadrages, les gros plans et les détails, sa vision de ma personnalité. J’ai aimé les photos mais elles révélèrent parfois des choses que je ne connaissais pas de moi ou que je n’aime pas vraiment. Je me suis vu différemment. Difficile de se regarder à travers un autre œil, de se voir autrement. Dérangeant. Mais j’aime, tout compte fait !
Quelques clichés ont été sélectionnés, certains ont été développés et sont en vente aujourd’hui. Voici ces photos que j’aime beaucoup…
Dis Lafabe, c’est pour quand la prochaine séance ?!

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Voici le lien sur le blog de Lafabe : ICI

…et Karl créa Kahlo »

Dans l’édition du Vogue allemand du mois de Mars, nous avons pu découvrir Claudia Schiffer en Frida Kahlo. Séance photo signée Karl Lagerfeld.
Drôle d’idée à priori de prendre ce mannequin là pour incarner Frida, mais Karl n’hésite devant rien quand il s’agit de sa blonde égérie ! Exercice de style…
Le résultat est magnifique certes, la lumière, le stylisme, les cadrages, tout est parfait. Mais il ne suffit pas de rajouter des sourcils épais pour être Frida Kahlo, et il me parait difficile de voir ici l’essence et l’âme de la célèbre peintre mexicaine. Et puis où sont les bracelets et les colliers en superposition, les bagues à chaque doigt, les boucles d’oreilles en soleil, les couleurs du Mexique… ? Ce n’est que l’avis d’un peintre qui a été si souvent inspiré par elle !
Voici les photos de Claudia en Frida, un peu andalouse, un peu mexicaine…

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Renée Perle »

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1930. Mannequin d’origine roumaine, Renée Perle rencontre Jacques-Henri Lartigue, et devient sa compagne mais aussi son modèle favori.
Comment pouvait-il en être autrement !
Le résultat ? De superbes clichés d’un amoureux et d’une idylle qui ne dura que 2 fulgurantes années…

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Willy Ronis à la Monnaie de Paris »

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Willy Ronis avait imaginé et désiré cette grande exposition pour fêter son centenaire. Le jeu de Paume, la Monnaie de Paris et le ministère de la culture se sont associés pour concrétiser ce vœu de manière posthume.

Cette exposition est non seulement un hommage à l’un des plus célèbres photographes français, mais présente également des aspects inédits de son travail. Elle constitue un premier aperçu de la richesse de la donation faite par Ronis à l’État français, et conservée par la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. La sélection présentée ici, environ 150 photographies, s’organise autour de cinq grands axes : la rue, le travail, les voyages, le corps et la propre biographie du photographe.
Allez, une visite s’impose pour poser nos yeux là où Ronis a pointer son doigt…

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Le Jeu de Paume et la Monnaie de Paris présentent
Willy Ronis - « Une poétique de l’engagement »
Du 16 avril au 22 août 2010
Du mardi au dimanche de 11h à 19h

Plein tarif : 7 € , réduit : 5 €

Monnaie de Paris, 11 quai de Conti  75 006 Paris

Elliott Erwitt »

« Faire rire les gens est l’une des plus parfaites réussites qu’on puisse espérer »

dog_legs_new_york_city_1974eerwittElliott Erwitt sait nous parler des êtres avec humour et gravité.
Ses sujets de prédilection ? Les enfants des campagnes et les chiens des villes, Paris sous la pluie et la mer désertée, les gens qui dansent et ceux qui posent, les stars et les opprimés ainsi que les merveilleux instants volés et insolites, pris sur le vif…
Né en 1928, ce fils d’émigrés russes passe son enfance en Europe, notamment en France, en Italie et en Allemagne. En arrivant aux Etats-Unis et pour gagner sa vie il débute dans la photographie en travaillant pour un laboratoire de tirages à Hollywood. Il s’installe ensuite à New York, où Robert Capa le parraine pour entrer à l’agence Magnum qu’il présidera de 1968 à 1970.
On peut trouver de nombreux ouvrages sur son travail, et il expose encore dans le monde entier ses irrésistibles tirages.

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Le site du photographe : ICI

Li Wei »

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Le photographe chinois Li Wei n’utilise pas la retouche photo pour son travail, mais uniquement des trucages à l’aide de câbles invisibles et de jeux de miroirs, pour un résultat spectaculaire.
Equilibres improbables, têtes encastrées et corps volants pour illusion entre rêve et réalité.
En apesanteur…

Pour voir son travail, c’est ICI

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Hong Hao »

Cet artiste chinois, né à Pékin en 1965, collecte depuis 2001 toutes sortes d’objets qu’il a utilisé pendant les 20 dernières années, conservés ou bien chinés en brocantes et marchés aux Puces afin de les regrouper dans ses œuvres et les exposer à nos regards.
Univers qui invite le visiteur à s’immiscer dans son intimité pour y découvrir tous les objets qui ont composé la vie d’un habitant chinois.
A travers ces accumulations organisées, intitulées “My things”, on distingue clairement l’évolution culturelle qu’a traversé l’artiste. Il parle également de la société de consommation chinoise, du rythme infernal de la population obsédée par le matérialisme et le besoin de posséder.
Que sont devenues les valeurs traditionnelles ?

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5 bis, rue de Verneuil »

Lors de mon dernier périple parisien, je suis retourné une nouvelle fois devant le 5 bis de la rue de Verneuil pour photographier l’évolution des graffitis sur le mur de la maison de Serge Gainsbourg.
A noter, le dessin de Joann Sfar en haut du mur , dessinateur et réalisateur de “Gainsbourg, vie héroïque”.

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Boîtes à couleurs »

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Photographies de Peter Lippmann.

La liberté de la fesse »

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Un groupe d’étudiants de Sciences Po à Lille, est à l’origine de cette idée loufoque, simple et audacieuce :
poser nu devant les plus beaux paysages du monde, toujours dans la même position, de dos, un bras levé au ciel. Avec humour, ils ont appelé  leur projet “La Liberté de la fesse”.
Lancé un peu comme une plaisanterie, les clichés rapportés se révèlent d’une beauté pure et naturelle, par la simplicité d’un corps nu exposé à notre regard peu habitué à voir de telles mises en scènes. Les acteurs n’hésitent pas à s’exhiber en pleine ville à Bordeaux, sur un taxi en Inde, sur le pont des Soupirs à Venise, sur la grande muraille de Chine, sur le mur des lamentations à Jérusalem…
La nudité et la fragilité d’un être face à son environnement, à la nature ou à l’urbain rejoint un peu le travail de Spencer Tunick, sans l’accumulation de participants. Peut-être encore plus fragile ?
Nous avons bien là un concept artistique sans frontières, sans fin, ouvert à toutes et à tous…
La liberté, tout simplement.

J’ai choisi dans l’ordre, des clichés pris en Afrique, en Syrie et à Londres.
Vous pouvez retrouver sur leur site d’autres photographies, sur un globe à faire tourner
Pour la liberté de la fesse : ICI

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Roméo et Juliette version Leibovitch »

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Une commande du magazine Vogue à Annie Leibovitch :
Prendre le top modèle Coco Rocha et le danseur italien Roberto Bolle pour une série de photographies illustrant Roméo et Juliette.
Quelle bonne idée ! Aucune erreur de casting et un rôle qui leur va si bien, à tous les trois.
La série est magnifique, bien entendu…

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Spencer Tunick à Sydney »

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5 200 Australiens ont posé nus devant l’Opéra de Sydney ce lundi pour une séance photo dirigée par le célèbre photographe américain.
La séance photo était destinée à célébrer le Mardi Gras de Sydney. Baptisé “The base” (le fondement), l’évènement a attiré deux fois plus de volontaires qu’attendu et a été organisé à quelques jours de la grande parade Gay et Lesbian, qui aura lieu samedi dans les rues de Sydney.

“Des homosexuels et des femmes étaient allongés nus côte à côte. Cela montre au monde entier que les Australiens sont fortement attachés à la construction d’une société libre et égale”, a déclaré Spencer Tunick.

Rappelons que le photographe rejette toute dimension exhibitionniste ou érotique dans son travail qui révéle, selon lui, la vulnérabilité de la vie humaine dans des paysages urbains ou face à la nature.

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Droits photos »

droitsphotos21Petit rectangle rouge supplémentaire et nouvelle page en haut de mon blog, concernant les droits des photos.
La photographie étant un art, il n’est pas autorisé de s’en servir comme on en a envie, au même titre que la reproduction d’un tableau. Pour beaucoup (trop) de monde, la photographie est simple, à la portée de tout le monde et n’est pas considérée à sa juste valeur. J’ai entendu des choses surprenantes à son sujet, même dans le monde de l’art, étonnement.
Autant que je le peux, je demande le droit d’utiliser les photos que je trouve sur internet. Parfois, il n’y a pas de nom ni d’information concernant certaines images, c’est pour cette raison que je viens de mettre en ligne cette nouvelle page.
J’en profite pour remercier tous ceux qui m’ont autorisé à utiliser leurs photos, et également ceux qui m’ont demandé d’utiliser les miennes.

Pour illustrer Droits photos j’ai voulu représenter à la manière d’un autoportrait cet appareil photo qui m’accompagne chaque jour pour présenter mon travail, mon quotidien et tout ce qui illustre les Catégories de ce blog. Comme j’ai hésité entre 2 photos de la série, voici celle qui n’a pas été retenue pour figurer dans ces “Droits Photos”. Vous pourrez découvrir l’autre en allant voir cette nouvelle page…

La Comtesse de Castiglione »

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Voilà une femme exceptionnelle, artiste visionnaire d’une incroyable modernité, mais incomprise en son temps. On salue aujourd’hui son oeuvre artistique, singulière et prémonitoire.

Juillet 1856, la jeune Comtesse de 19 ans pousse la porte du célèbre atelier qui photographie les gens du monde, Mayer & Pierson. Elle reviendra régulièrement se faire tirer le portrait durant 40 ans.
Femme sans doute la plus photographiée de son temps, on sait qu’en 1913, Montesquiou possédait 434 clichés. Il fut ébloui par sa célèbre beauté :
“Je n’oublierai jamais l’émotion qui s’empara de moi le jour où j’appris qu’une femme vivait derrière les persiennes constamment closes d’une certaine encoignure de la place Vendôme et que cette femme était celle dont le nom était synonyme de beauté”.

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La photographie de mode n’existait pas encore et la comtesse de Castiglione invente le genre en se mettant en scène. Elle n’est pas un modèle passif, elle célèbre elle-même son image, de façon inventive, avec des poses inattendues, des vêtements qu’elle dessine et qu’elle crée, des accessoires qu’elle choisit avec grand soin, mettant en valeur son corps et bousculant sans complexe les codes de l’époque pour sublimer son image.

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Un jour elle lance au photographe :
“Avez-vous bien conscience de ce que Dieu accomplit pour vous en vous faisant le collaborateur de la plus belle créature qui ait existé depuis le commencement du monde ?”
Elle donne un titre à chaque photographie. Sous l’un de ses portraits, en 1861, elle copie ces deux vers :
“En voyant la Douleur si belle, Qui pourrait vouloir du Bonheur ?”

Dans les années 1880, elle sombre dans l’anonymat et la neurasthénie, elle s’enferme dans son hôtel situé au 26 de la place Vendôme et ne sort que la nuit, pour ne pas qu’on voit ce que le temps a fait subir à sa beauté.

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Elle finit pas détruire tous les miroirs de son appartement, mais continua de “célébrer chaque jour les funérailles de sa beauté” en posant devant l’objectif.
Alors que personne ne pouvait la voir à la lueur du jour, seuls les photographes avaient droit de regard sur la progression de la vieillesse sur son visage et son corps.
Elle mourut en 1899, à l’âge de 62 ans, et fut inhumée au cimetière du Père Lachaise.

Ces moments de pose n’étaient-ils pas l’essence même de sa vie ? Ne voulait-elle pas tout simplement rendre immortel ce qu’elle avait de plus
précieux, sa beauté, qu’elle voulait ériger au rang d’œuvre d’art ?
A son époque ce comportement était choquant. Serait-il perçu de la même manière aujourd’hui ?
On pense à Cindy Sherman et ses autoportraits obsessionnels, et au travail de Sophie Calle, entre autres…
La comtesse de Castiglione, n’était-elle pas tout simplement en
avance sur son temps ?

Un livre magnifique retrace son parcours photographique avec 130 clichés.

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Keith Haring par Leibovitch »

Magnifique idée ! Fallait oser, la photographe Annie Leibovitch l’a fait en 1986.

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“Songs from a room” »

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Au dos de cet album de Léonard Cohen, une photo. Chacun s’est fait une idée de cette fille qui tape à la machine dans une chambre close. Est-elle à l’origine du titre de cet album ? Quelle histoire cela nous raconte, nous évoque ?
Vincent Delerm nous donne sa version dans son dernier album, dans la chanson “From a room”.
Vrai ou faux ? Là encore, chacun son avis…

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“Et le type expliquera que la fille en photo à l’arrière de “Songs from a room” n’est pas du tout celle avec laquelle Léonard Cohen vivait à l’époque, que c’était juste une amie du photographe et que Cohen aimait bien cette image, que ça n’a pas été pris début août dans une maison du sud de la France, mais à dix kilomètres de Los Angeles, que la fille ne sait même pas faire marcher la machine à écrire sur laquelle elle a l’air de taper une nouvelle de deux pages, derrière les volets fermés, pendant le cagnard de quinze heures, que la photo a été prise un matin début mars, que c’est marrant d’avoir pensé que Cohen avait fait l’amour avec elle, juste avant de prendre la photo, parce que c’est une fille qui n’aime que les filles.”
Vincent Delerm

Hippolyte Bayard »

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1840. Pour la première fois un photographe se représente nu, et dans une mise en scène.
Hippolyte Bayard se montre en noyé, abandonné à la morgue (lire ci-dessous le texte explicatif se trouvant au dos de la photo) pour dire la tragédie de son désespoir, ne pas être reconnu pour ce qu’il vient d’inventer.

Allégorie de la solitude de l’artiste et du créateur ?

Hippolyte Bayard naît dans l’Oise en 1801. Il gagne Paris où il suit une formation artistique puis s’intéresse aux procédés de reproduction photogénique.
En 1839, il met au point un procédé qui lui permet d’obtenir directement des images positives sur papier, à l’aide de chlorure d’argent. Principe des pellicules Polaroïd actuelles.
Sa découverte du positif direct apparaît comme une alternative au daguerréotype qui est en plein essor. Mais Bayard ne peut obtenir la reconnaissance officielle de l’académie des Sciences, ni celle des savants et de la presse. D’où sa déception, et cette photographie en noyé suicidé.
De façon très habile, il détourne ici à son avantage les inconvénients de la technique photographique. La durée d’exposition étant très longue, (entre 30 minutes et 2 heures !) Bayard se représente mort, appuyé contre une colonne, lui permettant ainsi de garder l’immobilité nécessaire pour sa prise de vue.

Pour l’histoire, Bayard finira par obtenir la reconnaissance de l’académie des Beaux-Arts et déposera son brevet à l’académie des Sciences, fin 1839.
Il meurt en 1887, oublié de tous.

Voici le texte qu’il écrivit au dos de cette photo :

« Le cadavre du Monsieur que vous voyez ci-derrière est celui de M. Bayard, inventeur du procédé dont vous venez de voir, ou dont vous allez voir les merveilleux résultats. A ma connaissance, il y a à peu près trois ans que cet ingénieux et infatigable chercheur s’occupait de perfectionner son invention.
L’Académie, le Roi et tous ceux qui ont vu ses dessins que lui trouvait imparfaits, les ont admirés comme vous les admirez en ce moment. Cela lui a fait beaucoup d’honneur et ne lui a pas valu un liard. Le gouvernement, qui avait beaucoup trop donné à M. Daguerre, a dit ne pouvoir rien faire pour M. Bayard et le malheureux s’est noyé. Oh ! Instabilité des choses humaines ! Les artistes, les savants, les journaux se sont occupés de lui pendant longtemps et aujourd’hui qu’il y a plusieurs jours qu’il est exposé à la morgue, personne ne l’a encore reconnu, ni réclamé. Messieurs et Dames, passons à d’autres, de crainte que votre odorat ne soit affecté, car la tête du Monsieur et ses mains commencent à pourrir, comme vous pouvez le remarquer. »

Calendrier de La Poste »

Ce matin, le facteur m’apporte son calendrier annuel. Il sort de sa besace un exemplaire avec des photos de… Willy Ronis ! Trop fort !

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